Jacques Chirac chez le juge

le 16 mai 2008 à 12h05 , mis à jour le 16 mai 2008 à 12h16

L'ex-chef de l'Etat a été entendu par le juge D'Huy dans l'enquête sur la Sempap, une ancienne imprimerie soupçonnée d'avoir participé au financement du RPR.

TF1 / LCI Jacques Chirac, lors de sa dernière allocution comme président de la République, le 15 mai 2007Image d'archives © LCI

La convocation de l'ancien chef de l'Etat  dans le cadre de l'affaire des détournements de fonds à la Sempap était déjà connue, mais la date de son audition n'avait pas été précisée. S'il faut en croire Le Monde, Jacques Chirac a été entendu comme témoin, le 30 avril, au pôle financier parisien, par le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy.

Selon le quotidien, l'ancien président de la République a assuré au magistrat qu'il ne savait rien du dossier sur la société d'économie mixte chargée jusqu'en 1996 des travaux d'impression de la Ville de Paris. "C'est ainsi que j'ai découvert le nom de la Sempap quand vous l'avez évoqué. En 1985-1986, j'avais d'autres préoccupations que celles de savoir ce que devenait cette Sempap dont j'ignorais l'existence", a-t-il affirmé, selon des extraits publiés par Le Monde. Le juge d'Huy aurait ensuite produit une convention entre la Sempap et la mairie, semblant établir que Jacques Chirac connaissait cette société. L'ancien président aurait répondu : "Je signais des montagnes de parapheurs tous les soirs, je ne lisais pas tout ce que je signais".

Le mécanisme de la Sempap

Un rapport de la brigade financière, remis au juge en août 2003, avait minutieusement examiné le mécanisme de la Sempap, créée en mai 1986. La Société d'Economie Mixte PArisienne de Prestations, dissoute en 1996, est soupçonnée d'avoir favorisé des entreprises dans la passation de marchés publics, d'avoir financé le RPR via le cabinet de la mairie de Paris et d'avoir imprimé des documents personnels pour Bernadette Chirac. Les policiers ont estimé entre 99 et 110 millions de francs le préjudice causé à la Ville de Paris. Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy a été mis en examen le 21 novembre, six mois après son départ de l'Elysée, pour "détournement de fonds publics" dans un dossier visant la période où il était maire de Paris, de 1977 à 1995. L'affaire Sempap n'est toutefois qu'un des dossiers judiciaires dans lesquels le nom de Jacques Chirac apparaît.

L'ancien chef de l'Etat a ainsi été mis en examen le 21 novembre 2007 par la juge Xavière Simeoni pour "détournement de fonds publics" dans l'affaire des chargés de mission payés par le cabinet du maire de Paris avant 1995 au bénéfice de proches du RPR. Jacques Chirac a en outre été entendu comme témoin assisté par le juge Alain Philibeaux dans le dossier des emplois fictifs du RPR, instruit à Nanterre. Une partie civile dans l'affaire des faux électeurs du IIIe arrondissement de Paris a par ailleurs demandé le 5 octobre 2007 que l'ex-chef d'Etat soit entendu comme témoin lors du procès en appel qui se déroulera en mai. Enfin, l'instruction concernant la compagnie aérienne Euralair ouverte en septembre 2006 à Paris et confiée à Mme Simeoni, pourrait également viser Jacques Chirac. Le chef de l'Etat et surtout son épouse Bernadette auraient bénéficié de billets d'avion gratuits avant l'élection de 1995.

D'après agence

le 16 mai 2008 à 12:05
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