Jugé pour viols après 20 ans de cavale: 14 ans de prison

le 30 mai 2008 à 13h21 , mis à jour le 30 mai 2008 à 20h48

Daniel Gobet a été condamné vendredi à 14 ans de prison par la cour d'assises de l'Essonne pour viols sur ses deux belles-filles.

assises cour justice

La cour d'assises de l'Esonne a condamné vendredi soir Daniel Goudet à une peine de 14 ans de réclusion criminelle pour viols et complicité de viols sur ses deux belles-filles, entre 1985 et 1986, alors mineures. Les faits de tentative de viol sur l'une des deux victimes ont été requalifiés en "agression sexuelle". L'avocat général avait requis 15 ans de réclusion criminelle contre l'accusé, âge de 63 ans. 

Remis en liberté en 1987, il avait disparu, avant de se rendre au commissariat de la gare d'Austerlitz à Paris le 17 septembre 2007. Les victimes, adolescentes à l'époque des faits, étaient livrées à un ou plusieurs ouvriers de l'exploitation forestière de Brières-les-Scellés, dans l'Essonne, dont Daniel Gobet était le patron, parfois contre de l'argent.

Il a raconté ses 20 ans de cavale

Le prévenu a raconté jeudi devant la cour comment il a échappé à la justice et ses vingt années de cavale avant sa reddition. Remis en liberté sans contrôle judiciaire en juillet 1987 après plusieurs mois de détention provisoire, Daniel Gobet était revenu peu après au domicile familial de Brières-les-Scellés, où l'une de ses deux belles-filles avait brandi un couteau et menacé d'appeler les gendarmes, avant de partir. La cour d'appel avait finalement infirmé sa libération un mois plus tard. Un mois trop tard : prévenu par son avocat de son probable retour en prison, Daniel Gobet avait alors décidé de fuir.

Il avait ensuite travaillé dans plusieurs sociétés d'intérim en région parisienne, puis sur des bateaux de pêche à la Rochelle et aux Sables-d'Olonne. En 1990, il avait repris un élevage puis un abattoir, avec sa compagne, à Gournay, village de l'Indre dans lequel il vivait discrètement. Celle-ci ignorait sa situation, car il lui avait simplement expliqué qu'il avait eu "des problèmes de famille". Durant de nombreuses années, il avait simplement laissé croire qu'il portait le nom de sa compagne. En 2006, lorsqu'il avait dû être déclaré pour son travail, il avait simplement fait rajouté un "R" à son nom, mais était enregistré sous son vrai numéro de sécurité sociale.

Il ne regrette pas sa reddition
 
De guerre lasse, le 17 septembre 2007, Daniel Gobet se rend à la police à la gare d'Austerlitz, à Paris. "Quand je suis entré au commissariat, ils croyaient que je me foutais d'eux", a-t-il expliqué. A cause d'un contrôle routier quelques jours auparavant, lors duquel il avait donné un faux nom, il était  tenu de se présenter avec ses papiers à la gendarmerie. C'est ce qui l'a décidé.
 
Après 20 années de cavale, pendant lesquelles il a réussi à passer entre les mailles du filet, Daniel Gobet a finalement abandonné sur un coup du sort. En effet, les recherches pour le retrouver, relancées en 2005, s'étaient avérées infructueuses. Désormais, Il dit ne pas regretter sa reddition même s'il vient d'apprendre sa condamnation à 20 ans de prison par contumace en 1992.

le 30 mai 2008 à 13:21
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