L'arrivée de Jean-Charles Marchiani le 26 mai 2008 à la prison de la Santé, filmée par LCI © LCIJean-Charles Marchiani dormira dès ce soir en prison. Selon nos informations, l'ancien préfet du Var s'est d'abord rendu en début d'après-midi au parquet général de Paris pour se voir notifier la mise à exécution de sa peine de prison, avant de se mettre en route pour la maison d'arrêt de la Santé, à Paris.
Ce proche de Charles Pasqua, ex-agent secret, a écopé de deux condamnations à de la prison ferme (un et trois ans) pour la perception de commissions occultes dans deux affaires de passation de marchés dans les années 1990. Il a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés. Sa double condamnation est pourtant devenue définitive après le rejet de ses pourvois le 19 mars par la Cour de cassation. Des raisons administratives avaient été mises en avant par le parquet de Paris pour justifier le retard pris pour la mise à exécution de la peine.
A moins de bénéficier d'ici là d'une remise de peine, c'est donc détenu qu'il devrait comparaître à partir du 29 septembre prochain dans l'autre affaire pour laquelle il est poursuivi : l'Angolagate. Un procès prévu pour durer six mois et dans lequel Jean-Charles Marchiani est soupçonné d'avoir perçu des fonds à l'occasion d'une vente d'armes à l'Angola dans les années 90'.
Grâce présidentielle ?
"Héros" pour les uns, "escroc" pour les autres, Jean-Charles Marchiani, 64 ans, proche de Charles Pasqua, s'était fait connaître du grand public en 1988 comme l'artisan de la libération des otages détenus au Liban. Son avocat, Jacques Trimolet de Villers, a déposé un recours en grâce présidentielle pour son client.
Interrogé sur ce dossier en avril, Nicolas Sarkozy avait dit qu'il était personnellement opposé d'une manière générale à la grâce, mais ne l'excluait pas dans des situations "exceptionnelles" et dans le cas Marchiani. "Il m'a été soumis un dossier, je suis en train de l'étudier, d'y réfléchir, de peser le pour et le contre et je ferai connaître la décision", avait dit le chef de l'Etat. Le président l'a répété au lendemain de l'incarcération de l'ex préfet, sur RTL : "Honnêtement, je ne suis pas enthousiaste des grâces, en tout cas des grâces totales". "Nous verrons s'il y a matière à faire grâce partielle", a déclaré le chef de l'Etat sans autre commentaire.
Sa condamnation pour "trafic d'influence par personne dépositaire de l'autorité publique" sanctionnait des commissions de 2,7 millions d'euros en marge de contrats publics concernant un équipement de l'aéroport de Roissy et une vente de chars au Moyen-Orient dans les années 1990. Il a déclaré que cet argent rémunérait des missions secrètes pour le gouvernement. Relevant qu'il disposait en 2004 de comptes bancaires dans une douzaine de pays, les autorités judiciaires réfutent cette version et l'ont emprisonné durant l'enquête d'août 2004 à février 2005. A ses procès en 2005, le parquet avait demandé des peines de trois ans et quatre ans ferme, le qualifiant "d'escroc".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




