La mère du petit Dylan explique sa passivité

le 15 mai 2008 à 22h03 , mis à jour le 15 mai 2008 à 22h06

La jeune femme de 27 ans a dit avoir été tétanisée par la peur et n'a donc pas pu protéger son fils de 4 ans, torturé à mort par son beau-père en 2003.

DylanDylan, 4 ans, est mort en 2003 à la suite de sévices © DR

La mère du petit Dylan, un enfant torturé à mort par son beau-père en 2003, a invoqué une peur paralysante pour expliquer pourquoi elle n'a pas protégé son fils de quatre ans de son calvaire, à l'occasion de son nouveau procès en appel aux assises du Haut-Rhin. "J'étais tétanisée par la peur, Christophe me menaçait de tous nous tuer", s'est défendue cette petite femme de 27 ans, condamnée à 17 ans de réclusion en première instance et qui espère obtenir de ce procès "une peine plus juste, en mémoire de Dylan".

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Aux juges qui veulent comprendre pourquoi elle n'a pas alerté ses voisins, sa famille, ou l'école, et pourquoi elle ne s'est pas échappée avec ses enfants, elle répète : "Je ne pouvais pas", "on était tous conditionnés".

"J'étais pas trop tapé"

Pour la première fois, Tino, le frère de Dylan, âgé de 6 ans à l'époque, est venu témoigner. Evoquant Christophe Beugnot il a précisé : "moi ça va, j'étais pas trop tapé, c'était plutôt mon petit frère Dylan. Maman a essayé de mettre Christophe à la porte deux ou trois fois, mais ça ne servait à rien". Un expert a souligné "l'angoisse extrêmement importante" de Tino, liée aux punitions, aux violences sur sa mère, aux menaces de mort. Il a évoqué "l'angoisse de séparation de la mère, qui est pour lui le personnage rassurant" alors que l'avocate générale, Manon Brignol, a estimé "totalement indécent de faire témoigner un enfant de cet âge au procès de sa mère".

Après trois mois de calvaire, Dylan est mort le 3 octobre 2003 sous les yeux de sa mère et de Tino aujourd'hui placé dans un foyer. Les médecins légistes ont recensé 73 bleus, brûlures de cigarettes, cicatrices et lésions sur le corps de l'enfant torturé par l'amant de sa mère. Ces sévices avaient commencé dès l'installation de Beugnot, fin juin 2003, au domicile d'Adeline Marfe. Christophe Beugnot, maître-chien au chômage, 19 ans à l'époque, a été condamné à la réclusion à perpétuité en première instance mais n'a pas fait appel. Le verdict de la cour d'assises du Haut-Rhin est attendu le 23 mai.

(D'après agence)

le 15 mai 2008 à 22:03
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