Monique Olivier, l'épouse de Michel Fourniret, le premier jour du procès devant les assises des Ardennes © TF1/LCI![]() |
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En 16 ans de vie commune, ils n'auraient, dixit Michel Fourniret, rien partagé. Que des "conneries", dit-il. Et sans doute, tout de même, il ne faudrait pas l'oublier, une dizaine de crimes. La preuve, raconte Michel Fourniret, quand nous étions en voiture, je regardais à gauche, elle regardait à droite. Ils ne se disaient rien.
Autre exemple : "En 24h, combien de temps passons nous ensemble ?". Sous entendu, le strict necéssaire. Avec Monique Olivier, il n'y avait pas ce qu'il appelle cette osmose comme avec Nicole, sa deuxième femme. La troisième épouse "reste quelqu'un que j'ai très peu fréquenté", ajoute Michel Fourniret en dehors des virées criminelles.
"Comme un toutou"
Depuis qu'il prend la parole, il dresse tout de même à l'occasion, par petites touches venimeuses, un drôle de portrait de sa complice : une menteuse qui le sait très bien et contre laquelle son "courroux" ne cesse de grandir. Et pourtant quand il s'agit de décrire son attitude sur les scènes de crime, elle redevient la femme passive, l'ombre de Michel Fourniret, celle qui le suit partout "comme un toutou", sans un mot ni un reproche.
Il évoque le calvaire d'Isabelle Laville, leur première proie commune. Une fois convaincue de monter dans la voiture du couple, la jeune fille est conduite à Saint-Cyr-les-Colons jusque dans une chambre au premier étage de la maison Fourniret. "Monique était là, se souvient son mari. Fidèle à elle même, c'est-à-dire transparente et dans sa tête impénétrable". Puis à chaque fois, le scenario se répète : "Elle suivait. Monique n'avait pas besoin de connaître les détails. Monique : c'est les hommes de troupe de l'état-major".
Michel Fourniret se souvient encore que quand elle l'accompagne dans ses chasses aux jeunes filles, en règle générale "ce n'est pas elle qui prend l'initiative". Il précise tout de même qu'en ce temps là, il ne lui demande de venir avec lui : "Elle était présente, elle était là, elle a suivi le train".
Garder le rôle phare
Evidemment, Monique Olivier ne conteste pas. Ni le désamour, ni la passivité. Bien sûr. Depuis le 27 mars dernier, elle répète à l'envi qu'elle était sous l'emprise de Michel Fourniret, qu'elle ne pouvait rien faire. S'opposer ? à quoi bon ? "Il l'aurait quand même fait". Cette soumission validée par Michel Fourniret sert sa stratégie de défense.
A tel point que les parties civiles s'interrogent. Elles soupçonnent le mari de minimiser le rôle de l'épouse pour une simple et bonne raison : même quand il parle, les projecteurs restent braqués sur Monique Olivier. Et Michel Fourniret, orgueilleux comme il est, ne supporterait pas de perdre le rôle titre de cette audience. Le procès Fourniret, pas le procès Olivier.
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