Monique Olivier, l'épouse de Michel Fourniret, le premier jour du procès devant les assises des Ardennes © TF1/LCIAu début de l'audience, lundi après-midi, les familles des sept jeunes filles tuées entre 1987 et 2001 ont déposé sur le banc des parties civiles une photo de chacune des victimes ainsi qu'une rose blanche devant chaque portrait. Elles ont ensuite repris les portraits, laissé les fleurs et sont parties à quelques kilomètres de distance, en Belgique, se recueillir sur les lieux de la découverte du corps de Mananya Thumpong, dernière victime du couple Fourniret.
"Je ne plaide pas contre les victimes mais pour Mme Olivier", et tout accusé a droit à une défense, a rappelé Me Jean-Paul Delgenes. Monique Olivier est accusé de complicité dans quatre meurtres et pour co-action dans un cinquième. Me Delgenes a tenté de renverser l'image donnée de sa cliente par l'accusation jeudi dernier. L'avocat général Francis Nachbar l'a désignée comme principale responsable de la série de crimes, la qualifiant de "sorcière sournoise", de "muse sanglante" de Fourniret et de "grosse araignée gluante". "Il y a une différence entre l'auteur des faits, qui viole et qui tue, et la complicité de Monique pour des faits qu'elle a avoués et qu'elle regrette", a dit l'avocat. Michel Fourniret, condamné pour des atteintes sexuelles dès les années 1960, était un criminel sexuel avant de connaître Monique Olivier par un échange de correspondances en prison en 1987, a souligné Me Delgenes.
"Objet" de Fourniret?
Le "pacte" criminel passé par écrit aurait fait à ses yeux de Monique Olivier le jouet du tueur. "Michel Fourniret n'a pas besoin de Monique Olivier pour exister, il existe déjà et à sa sortie de prison (en 1987-NDLR) il est le sujet, elle est devenue l'objet", a-t-il dit. Il a insisté sur les aveux de Monique Olivier qui ont permis à la justice de tout découvrir. L'accusation avait souligné qu'il avait fallu 120 interrogatoires pour qu'elle délivre ces aveux en 2004, un an après l'arrestation de son mari pour un enlèvement de fillette manqué en Belgique.
"Elle avait besoin de se libérer, de dire tout, même les crimes où elle était impliquée, surtout les crimes où elle était impliquée", a dit l'avocat. "Sans ces aveux, Monique Olivier ne serait pas en prison et Michel Fourniret serait sorti en 2004. Ces aveux, c'est le prix à payer pour se libérer du joug de Michel Fourniret", a-t-il ajouté.Michel Fourniret a jusque là maintenu "Monique Olivier dans la peur", selon lui.
Les experts psychologues et psychiatres, de même que les témoins, sont très divisés sur Monique Olivier, tantôt présentée comme une personne sous influence, tantôt comme une manipulatrice perverse, à l'intelligence redoutable. La cour d'assises entendra mardi les plaidoiries des avocats de Michel Fourniret, après quoi le jury sera conduit dans une caserne de CRS pour mener son délibéré. Le verdict est attendu mercredi. L'accusation a demandé la perpétuité pour les deux accusés, sans possibilité d'aménagement de peine pour Michel Fourniret et avec 30 ans de sûreté incompressibles pour Monique Olivier.
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