Michel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCI![]() |
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Y a-t-il eu un pacte diabolique entre Michel Fourniret et son épouse ? C'est en tout cas ce qu'a affirmé lundi un expert, interrogé sur la dynamique criminelle du couple, alors que le procès entre dans sa dernière ligne droite. Mardi dès 13 heures et mercredi seront consacrés au plaidoiries des parties civiles, avant le réquisitoire jeudi.
Philippe Herbelot, psychanalyste à Reims, explique, sur la base d'un examen des accusés en 2005, qu'il existe encore entre les époux Fourniret un "pacte éternel", une relation de "compromission" qui entraînerait une "rétention d'information" de la part de Monique Olivier. Selon lui, "Michel Fourniret sait bien que Monique Olivier est limitée dans ses déclarations par son implication". Concernant la dynamique du couple, l'expert estime par ailleurs que Monique Olivier est "tout à fait responsable de l'explosion criminelle de Michel Fourniret", en évoquant le rôle de "spectatrice soumise qui va l'encourager dans son oeuvre perverse."
"Pense bien à envoyer ton témoignage au président"
Autre fait marquant de ce lundi, la présentation par le président de la cour d'assises, Gilles Latapie, d'une lettre que Monique Olivier a écrite en avril à Sélim -le fils qu'elle a eu avec Fourniret- pour qu'il témoigne en sa faveur par écrit devant la cour. Ecrite un mois après l'ouverture du procès le 27 mars, cette lettre a été versée au débat.
Les termes de ce courrier de cinq pages envoyé à son fils, aujourd'hui âgé de 19 ans, sont éloquents. "Si tu pouvais témoigner par écrit, tu pourrais aussi parler de moi, je sais que je n'ai pas été méchante envers toi", écrit ainsi Monique Olivier. "Tu sais qui est responsable de ma dégringolade (...) Je ne suis pas l'auteur principal des faits évidemment", poursuit-elle dans la lettre. "PS : pense bien à envoyer ton témoignage au président (de la cour) par l'intermédiaire de mes avocats", conclut la co-accusée.
De son côté, dans un nouveau coup d'éclat, le tueur en série présumé était revenu vendredi sur son engagement de participer aux débats, qu'il avait pris le 7 mai devant deux de ses enfants témoignant à la barre. Michel Fourniret, replongé dans son mutisme, n'aura donc tenu que quatre jours sa promesse de s'expliquer sur les faits, un temps qu'il a utilisé pour ergoter sur des détails au lieu d'éclairer la cour d'assises des Ardennes sur les sept meurtres dont il est accusé. Et contrairement aux espoirs exprimés par les avocats après la promesse de Fourniret de s'expliquer, les quatre jours d'audience n'ont pas plus permis d'éclairer le degré de complicité de son épouse. "Les deux accusés restent sur deux routes parallèles pour surtout de ne pas se croiser", a estimé Me Didier Seban, l'avocat de la famille Desramault.
"Il veut absolument dominer"
Avant sa rétractation, la cour a pu entendre Michel Fourniret s'expliquer sur trois meurtres : ceux d'Isabelle Laville dans l'Yonne en 1987, de Fabienne Leroy dans la Marne 1988 et de Jeanne-Marie Desramault tuée en 1989 dans les Ardennes. S'il a reconnu être dans "un état second" lors de l'étranglement d'Isabelle et avoir jeté son dévolu sur Fabienne de manière "non préméditée", Michel Fourniret a le plus souvent entraîné la cour dans des digressions, racontant par le menu les itinéraires empruntés ou encore la marque et la couleur des voitures utilisées pour commettre ses forfaits.
"Mettez le turbo !", s'est exclamé Gilles Latapie, le président de la cour d'assises alors que l'accusé se perdait dans un long monologue. "Il déplace l'objet (de la question), c'est ça la perversion par excellence", a souligné le psychologue Jean-Luc Ployé, un des nombreux experts venus expliquer les mécanismes de "toute-puissance" de Fourniret qualifié de "pervers narcissique", le "summum" dans la hiérarchie criminelle. "Il veut absolument dominer l'autre, ses épouses, ses victimes, la justice. On a bien vu qu'il voulait conduire les choses", a déclaré le Dr Bernard Dufossez, qui a souligné avec d'autres psychiatres l'état "incurable" de l'accusé "complètement emmuré dans sa problématique" de domination. "En face de lui, il n'y a plus les victimes, il y a les familles (...) On existe encore et la punition continue", a estimé de son côté Jean-Pierre Saison, le père d'une victime, qui a déserté l'audience plus d'une heure vendredi avec les autres familles pour protester "symboliquement" contre l'attitude de l'accusé.
D'après agence
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