michel Fourniret et Monique Olivier © LCIMichel Fourniret et son épouse Monique Olivier ont été condamnés mercredi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises des Ardennes pour sept meurtres de jeunes filles en France et en Belgique entre 1987 et 2001. La cour a interdit tout aménagement de peine pour le tueur en série, âgé de 66 ans, reconnu coupable de sept meurtres, sept viols ou tentatives de viols et aussi de trois autres agressions. Il ne pourra donc jamais sortir de prison. La peine de Monique Olivier, 59 ans, déclarée coupable de complicité dans cinq meurtres, est assortie d'une période de sûreté incompressible de 28 ans. La décision est sans surprise, les Fourniret ayant avoué pendant l'enquête, comme au procès, avoir enlevé et tué six jeunes Françaises et une Belge.
L'accusation n'a toutefois pas totalement été suivie, car elle avait demandée une période de sûreté de 30 ans pour Monique Olivier. Un appel de l'accusée, qui s'est présentée lors de l'audience comme une victime de son mari, est possible. En revanche, l'avocat de Michel Fourniret a fait savoir que son client ne ferait pas appel de sa condamnation. Un Michel Fourniret qui s'est rasé la barbe et quasiment rasé la tête pour entendre le verdict. Lui et son épouse n'ont montré aucune réaction lors de l'énoncé de leurs condamnations.
Les familles soulagées
Sur les bancs des parties civiles, en revanche, plusieurs parents de victimes ont pleuré. "Une autre vie va commencer, c'est un soulagement mais il n'y a jamais de fin. Je ne vois pas l'après, il va falloir prendre de la distance, sans Céline", a dit Jean-Pierre Saison, père de Céline Saison. Pour Gérard Chemla, un des avocats des victimes, "les familles ont opposé à l'atrocité un visage humain et digne".
Ecoutez les témoignages de parents de victime
Autre procès en vue
Les époux Fourniret n'en ont pas fini avec la justice. Ils sont mis en examen depuis mars dernier pour deux autres crimes. Ils concernent Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 à Auxerre et Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans retrouvée étranglée en mai 1990 dans une rivière, toujours près d'Auxerre.
Michel Fourniret nie ces faits pour lesquels il a été accusé de manière circonstanciée par son épouse. Mardi, l'avocat général Francis Nachbar a promis que "tout serait mis en oeuvre" pour terminer rapidement cette enquête. Son déroulement pourrait souffrir du prochain transfert de Charleville à Reims du pôle "instruction" du tribunal, du à la réforme Dati.
| Perpétuité incompressible : les précédents |
La réclusion criminelle à perpétuité incompressible, dont Michel Fourniret a écopé mercredi, a été déjà appliquée au moins trois fois en France, en 2006 et en 2007, pour des meurtres ou tentatives de meurtre d'enfants précédés de viols. Cette peine, instaurée par une loi de 1994 et qui est actuellement la plus sévère du code pénal, a été infligée le 11 juillet 2007 à Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", par la cour d'assises du Bas-Rhin. Elle a aussi été appliquée à Christian Beaulieu, reconnu coupable, en décembre 2007 à Nevers, du viol et du meurtre de Mathias, 4 ans. Pour ces crimes perpétrés en mai 2006 dans la Nièvre, il doit être jugé en appel à Bourges à partir du 9 juin. Enfin, en octobre 2006, Patrick Ghiliazza, a été condamné par la cour d'assises d'Indre-et-Loire, notamment pour une tentative de meurtre et plusieurs viols sur des adolescentes de moins de 15 ans, en 2002 à Tours. |
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