Image d'archives © TF1La commission de révision des condamnations pénales donnera-t-elle raison à la défense de Marc Machin ? Elle examine en tous cas cet après-midi, à huis-clos, la demande de suspension de peine de ce dernier, condamné pour le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001, mais dont la culpabilité est remise en cause par l'apparition d'un nouveau suspect. La décision de la commission devrait être mise en délibéré.
Début mars, David Sagno, âgé de 34 ans, s'était rendu au commissariat de La Défense et s'était accusé des meurtres de Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001, et de Maria-Judith Araujo le 22 mai 2002, toujours au pont de Neuilly, alors que Marc Machin était déjà incarcéré.
Depuis, des analyses ont permis de retrouver des traces d'ADN de David Sagno sur des vêtements de la première victime: de là, l'ouverture d'une seconde information judiciaire et sa mise en examen, le 16 mars, pour "assassinat, viol et vol".
L'avocat de David Sagno, Me Bérenger Tourné, demeure toutefois circonspect. Il rappelle que son client s'est accusé du viol de la victime, alors qu'aucune agression sexuelle n'avait été constatée.
"Aveux extorqués"
Déjà connu des services de police et sans emploi, Marc Machin avait, quant à lui, été interpellé une dizaine de jours après le meurtre de Marie-Agnès Bedot, à la suite du témoignage d'une infirmière disant avoir fait l'objet d'avances sexuelles près du lieu du crime, le matin du meurtre.
Placé en garde à vue, le jeune homme avait nié le meurtre lors des premières auditions, avant de reconnaître les faits lors d'aveux flous dans lesquels il s'était seulement souvenu s'être réveillé, son couteau à la main, à côté d'une femme allongée et d'une mare de sang.
"Ses aveux ont été extorqués. Marc avait été pris à part peu avant cette audition par un policier très expérimenté, qui l'a fragilisé psychologiquement et lui a promis que les faits seraient requalifiés en homicide involontaire", accuse l'avocat de Marc Machin.
Marc Machin s'était rétracté devant le juge d'instruction. Depuis, il a toujours clamé son innocence, sans jamais convaincre. Il a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Hauts-de-Seine en septembre 2004, peine confirmée en novembre 2005 par la cour d'assises d'appel de Versailles, qui l'a assortie d'une mesure de 12 ans de sûreté.
Une éventuelle suspension de peine de Marc Machin pourrait être une première étape. Si elle estime la requête en révision recevable, la commission pourra ensuite saisir la Cour de révision. Celle-ci peut aller jusqu'à l'annulation de la condamnation et l'organisation d'un nouveau procès.
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