© DRLa plupart des plaignantes évoquent des douleurs persistantes, des infections. Plusieurs ont dû subir une chirurgie réparatrice après la pose de prothèses mammaires pas adaptées. Quelques hommes aussi ont porté plainte, dont Jacques venu se faire raccourcir le nez et qui respire depuis difficilement. Mais ce ne sont pas les seuls griefs auxquels doit faire face le Dr Michel Maure pour sa pratique de la chirurgie esthétique. Dans sa "clinique" interdite depuis 1995, il employait une technique d'anesthésie qualifiée de "méthode à risque" par l'accusation, la méthode Klein. Toujours selon l'accusation, les médicaments retrouvés étaient périmés, les fils chirurgicaux dataient d'avant 2001 et d'avant l'interdiction des sutures de provenance animale pour prévenir la maladie de la vache folle. Les enquêteurs ont aussi décrit "des locaux sales et mal entretenus" où les patients subissaient "un risque immédiat de mort ou de séquelles gravissimes".
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Une étudiante britannique est morte mardi après avoir subi une injection de silicone dans un hôtel de Philadelphie. La victime voulait augmenter le volume de son postérieur.
Publié le 09/02/2011
Le procès du Dr Maure s'est ouvert lundi matin. Pendant deux semaines, le tribunal correctionnel de Marseille va devoir examiner plus de 90 plaintes portées contre le praticien. Radié définitivement par le conseil national de l'Ordre des médecins en janvier 2007, il encourt une peine maximale de quatre ans de prison pour des faits commis entre 2000 et 2004. Les accusations sont multiples : publicité mensongère, tromperies aggravées, mises en danger d'autrui, blessures involontaires. Il est aussi accusé d'avoir dissimulé des salariés et menacé une victime pour qu'elle ne porte pas plainte. Et les témoignages des victimes font froid dans le dos. L'une a subi neuf heures d'opération d'affilée sous simple anesthésie locale pour une liposuccion. Certaines se souviennent du sang coulant sur le siège de leur voiture ou de la graisse suintant trois jours durant. L'une encore évoque des "tortures".
Titres imaginaires et facilités de paiement
Le Dr Maure était bien médecin, depuis 1974, qualifié en anesthésie réanimation. Et il avait demandé en 2000 à s'inscrire comme omnipraticien compétent en esthétique. Ce qui ne posait pas problème à l'époque, puisque la chirurgie esthétique n'est réglementée par la loi que depuis mars 2002. L'homme a assuré aux enquêteurs être "l'un des plus grands chirurgiens esthétiques du monde" avec 20 ans d'expérience et 300 interventions par an, expliquant ses déboires par des jalousies professionnelles et la volonté des plaignantes de ne pas payer. Selon l'accusation, le Dr Maure recrutait ses clients par petites annonces dans des gratuits. "Par le bouche à oreille", assure son avocat Me Dominique Ramirez. Beaucoup ignoraient tout du monde médical. Les titres imaginaires sur ses cartes les épataient. Facilités de paiement et rapidité des rendez-vous achevaient de convaincre.
Outre ces déboires, le Dr Maure a déjà été condamné en février à six mois de prison avec sursis - il a fait appel - pour avoir loué en locaux d'habitation sa "clinique" marseillaise théoriquement fermée. Il avait, avant cela, dirigé entre 1980 et 1990 plusieurs sociétés mises en liquidation, suspendues ou interdites. Et sa gestion de deux maisons de retraite à Avignon lui a valu une radiation en 1996, ramenée à deux ans d'interdiction d'exercer.
D'après agence
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