Monique Olivier doit-elle être traitée comme Fourniret?

le 22 mai 2008 à 07h45 , mis à jour le 22 mai 2008 à 08h58

La réclusion criminelle à perpétuité ne peut qu'être requise contre Michel Fourniret mais il y a plus d'incertitude sur le sort de son épouse Monique Olivier.

Monique Olivier Ardennes Assises Fourniret Monique Olivier, l'épouse de Michel Fourniret, le premier jour du procès devant les assises des Ardennes © TF1/LCI

Après deux mois d'audiences, le procès Fourniret approche de son épilogue avec le réquisitoire ce jeudi devant la cour d'Assises des Ardennes. La réclusion criminelle à perpétuité ne peut qu'être requise contre Michel Fourniret mais l'incertitude plane sur le sort de son épouse Monique Olivier. Au cours des débats de près de deux mois devant la cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières, Michel Fourniret, 66 ans, s'est contenté de reconnaître laconiquement les sept meurtres de jeunes femmes ou adolescentes après des viols ou tentatives de viols. Il n'a rompu son voeu de silence, entrecoupé de quelques éclats, pendant quatre jours seulement avant de sombrer de nouveau dans son mutisme.
  
La cour n'a ainsi pu l'entendre s'expliquer que sur trois meurtres : ceux d'Isabelle Laville dans l'Yonne en 1987, de Fabienne Leroy dans la Marne 1988 et de Jeanne-Marie Desramault tuée en 1989 dans les Ardennes. S'il a reconnu être dans "un état second" lors de l'étranglement d'Isabelle et avoir jeté son dévolu sur Fabienne de manière "non préméditée", Michel Fourniret a le plus souvent entraîné la cour dans des digressions. Selon la loi du 1er février 1994, le tueur en série présumé encourt une peine "incompressible", sans aucune possibilité d'aménagement de peine. 
 
"Complémentarité criminelle"

  
Monique Olivier, 59 ans, est co-accusée de meurtre dans un seul dossier et de complicité dans plusieurs autres. Selon l'accusation, elle aurait aidé son mari à étouffer Jeanne-Marie Desramault, car la jeune fille se débattait trop. Fourniret l'a très fermement disculpée de ce meurtre. Mais les avocats des parties civiles ont estimé que l'épouse était aussi coupable que le mari. "Je vais vous parler non d'un assassin, non de la complice d'un assassin, mais d'un couple assassin", a ainsi déclaré Me Paul Lombard, l'avocat du père d'Elisabeth Brichet, adolescente belge de 12 ans tuée en 1989.
 
Les experts, eux, sont intervenus dans le sens d'une "complémentarité criminelle".  Ainsi Jean-Luc Ployé a évoqué une "organisation redoutable" du couple dans laquelle l'épouse "incitait le tueur en série présumé à réitérer ses actes". L'ancienne garde-malade encourt la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 30 ans.  Si Fourniret a été analysé comme étant "incurable", Monique Olivier est considérée comme "curable et réadaptable", si elle acceptait une prise en charge psycho-thérapeutique.

Verdict le 28 mai

La cour devrait entrer en délibéré mardi soir, après les deux journées d'audience consacrées aux plaidoiries de la défense, puis rendre son verdict mercredi 28 mai, a déclaré à l'AFP Christophe Aubertin, le magistrat chargé des relations avec la presse. Selon le planning annoncé, la défense de Monique Olivier prendra la parole devant la cour lundi après-midi. Les avocats de Michel Fourniret, qui doit répondre de sept homicides aggravés de jeunes filles et de trois agressions, s'exprimeront devant les magistrats et les neuf jurés mardi après-midi.

(D'après agence)
 

le 22 mai 2008 à 07:45
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