La "vie rêvée" de Monique Olivier

Par Sur place, Hélène LECOMTE, le 05 mai 2008 à 18h27 , mis à jour le 14 mai 2008 à 09h05

Dossier : Fourniret, tueur en série

Pour la première fois loquace lundi devant la cour d'assises des Ardennes, l'épouse de Michel Fourniret s'est présentée en personne soumise.

Monique Olivier Ardennes Procès AssisesMonique Olivier lors du procès Fourniret devant les assises des Ardennes © TF1/LCI

Le compte-rendu d'Hélène Lecomte, envoyée spéciale de LCI à Charleville Mézières

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La cour d'assises des Ardennes se penche désormais sur les personnalités des deux accusés. Avec un mystère à éclaircir : l'énigme Monique Olivier. Femme soumise enfermée dans une vie subie ou muse criminelle maître de son destin, elle choisit la première option quand elle se raconte aux jurés et leur livre entre les lignes ce dont sans doute elle rêve désormais.
 
Parfois peut-être ou même souvent, Monique Olivier se repasse le film de sa vie comme elle l'a fait devant ses juges. L'histoire, dit-elle, "d'une solitaire qui a besoin d'amour, qui aime la compagnie des gens, cette présence qui lui a manqué toute sa vie". Ainsi se définit l'accusée du box quand on lui demande qui elle est. "Je ne peux pas vous dire que je sais ce que c'est que l'amour. Aimer quelqu'un et être aimée, je ne sais pas ce que c'est". Alors sans doute dans sa cellule, elle se laisse aller à rêver d'autre chose.

Sa vie fantasmée
 
Dans ce songe, son père n'a plus de fils préféré, et elle a sa place au sein de sa famille, son frère ne lui ferme pas la porte quand un jour elle se présente pour le déjeuner mais qu'il n'y a rien pour elle.
 
Dans cette autre vie, elle ne rencontre jamais André Michaux, le père de ses deux aînés. Cet homme qui l'aurait humiliée, torturée. C'est ce qu'elle raconte, soutient, même s'il le nie, même si ses enfants n'ont jamais vu le visage de ce père prétendument violent. Elle n'aurait pas eu à le quitter, à contracter ce mariage blanc avec un Américain de passage, elle ne serait jamais tombée, à bout de lassitude, sur cette annonce dans le journal. Celle du détenu Fourniret qui cherche à correspondre. Ils ne se seraient ni écrit, ni promis le pire avant de le partager. Elle ne l'aurait pas suivi de maisonnette en château en taudis. Elle ne serait pas là dans le box, fixée par plusieurs dizaines de familles endeuillées et meurtries. Dans sa vie fantasmée, Monique Olivier aurait connu l'amour et l'amour propre. Elle serait médecin, instruite, intelligente. Elle ne bafouillerait pas, ne tremblerait pas ... Rien ne serait arrivé.
 
Parce qu'elle est certaine Monique Olivier, qu'elle n'a jamais eu le choix, qu'elle était condamnée à subir ce vide qu'elle raconte. Elle est persuadée qu'elle n'a pas choisi de tomber sur Michaux le "paranoiaque" puis sur Fourniret le "maniaque sexuel". "Je ne l'ai pas fait exprès", assure-t-elle mais qui la croit? A Fourniret, elle donne 16 ans de sa vie, n'aurait rien eu en échange, que la peur de partir, de le dénoncer le premier crime commis. Elle assure n'en avoir rien tiré, aucun bénéfice, pourtant elle lui écrit, elle le rencontre, elle l'épouse et elle sait qui il est. Pourtant sa vie avec lui, ose-t-elle dire, était "monotone.

"Pour faire une fellation c'est tout un art"
 
Et voici ses souvenirs: la cuisine à l'ancienne imposée livre de recettes ardennaises à l'appui. Les crêpes obligatoires le dimanche. Les petites fantaisies interdites comme acheter un CD pour son fils quand l'argent aurait pu aller dans un sac de ciment. Et puis c'est tout, avec Fourniret donc, il n'y avait rien.
 
André Michaux, elle le découvre dit-elle après la naissance de ses enfants. Il serait devenu maladivement jaloux, obsédée par l'idée qu'elle le trompait, envoyait des messages codés aux voisins en étendant son linge ou cognant d'une certaine façon son balai sur les plinthes. Pour la punir, il l'aurait traînée par les cheveux jusqu'à la baignoire avant de lui plonger la tête sous l'eau de plus en plus longtemps. Puis il l'aurait livrée à cet inconnu sur un bord d'autoroute.
 
Mais si Fourniret ne dit rien, Michaux tout ça, ça le fait bien rire et l'assistance aussi, plutôt de lui qu'avec lui mais quand même. Il invite le président à tenter l'expérience, forcer sa femme à plonger la tête dans la baignoire: "Il aurait fallu être trois, dit-il, deux qui la tiennent ... et, éclats de rire généralisé, un troisième qui la fout dans l'eau. Essayez ce soir avec votre dame". Même chose pour l'inconnu de la zone industrielle : "Madame n'avait pas besoin de moi pour ce genre de bétise, pour faire une fellation c'est tout un art". Même les parties civiles, même Michel Fourniret se tiennent les côtes. Monique Olivier rit jaune. André Michaux, oui, on a du mal à le prendre au sérieux, mais elle qui la croit encore? Qui imagine que cette vie, ces rencontres, elle ne les a pas voulues.
 
Parce que parfois, Monique Olivier sait se décider, dire non, partir. Elle l'a fait avec André Michaux, laissant derrière elle ses deux enfants. Puis elle choisit Michel Fourniret et surtout de ne pas le quitter pour tenter justement cette autre vie qui lui offrait qui sait un rêve cette fois inavoué et inavouable.

Par Sur place, Hélène LECOMTE le 05 mai 2008 à 18:27
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4 Commentaires

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  • Luis, le 06/05/2008 à 14h17

    Vous pouvez le reecrire en francais cet article ? Merci

  • Victor, le 06/05/2008 à 08h05

    J'ai rarement lu un article aussi indigeste, tant sur le plan littéraire que sur celui des idées exprimées et même de l'orthographe.

  • Cocopok, le 05/05/2008 à 22h43

    Elle va nous faire pleurer ! Elle a avoué sa participation active à 5 crimes et veut nous faire croire qu'elle a agi par crainte.Sans elle Fourniret aurait moins fait de dégats.

  • Christine, le 05/05/2008 à 19h16

    Abject. Et elle espère que quelqu'un va la croire ??

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