
Les faits remontent aux années 1985-1986. A plusieurs reprises, Daniel Godet, patron d'une exploitation forestière de Brières-les-Scellés, dans l'Essonne, a violé ses deux belles-filles. Des viols commis avec un ou plusieurs ouvriers de l'exploitation, parfois contre de l'argent. Dans ce dossier, cinq employés ont été condamnés en 1990 à des peines d'un à cinq ans de prison. Daniel Gobet a, quant à lui, fait l'objet d'un arrêt de contumace en 1992. Après avoir passé un peu moins d'un an en détention provisoire, il avait été remis en liberté en juillet 1987, et en avait profiter pour disparaître de la circulation. Selon son avocate Me Sandrine Guernine, il est parti "sur un coup de tête", et ignorait que sa remise en liberté avait ensuite été infirmée par la cour d'appel.
Selon Me Frank Natali, avocat des deux victimes, celles-ci "avaient le sentiment qu'on avait laissé filer Gobet et que durant le (premier) procès, il manquait la pièce centrale". Les parties civiles attendent des réponses à certaines questions, ressenties comme des blocages de la justice, explique-t-il. Les deux victimes, nées d'une précédente union de la femme de l'accusé, étaient âgées d'une dizaine d'années au moment des faits.
"Il ne s'est pas caché"
Daniel Gobet a travaillé en région parisienne puis sur des bateaux de pêche à la Rochelle, puis s'est installé au début des années 1990 et a vécu discrètement à Gournay, un petit village de l'Indre situé à une centaine de kilomètres seulement du domicile de Corinne, l'une des deux victimes. Il avait refait sa vie avec une nouvelle compagne, et travaillait dans un abattoir.
Vivant sans papiers d'identité, il avait fait rajouter un "R" à son nom lorsqu'il a dû être déclaré en tant que conjoint collaborateur dans l'abattoir où il travaillait avec sa compagne. "Il ne s'est pas caché, tout le monde le connaissait", assure son avocate, qui explique que son client est prêt à s'expliquer sur les faits, qu'il reconnaît.
Daniel Gobet s'était rendu au commissariat de la gare d'Austerlitz à Paris le 17 septembre 2007, et avait expliqué qu'il était fatigué de vivre dans la clandestinité, estimant qu'il devait "régler cette affaire". Après sa reddition, il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, ce à quoi il ne s'attendait pas, et a observé au total 80 jours de grève de la faim, avec des interruptions dues à son état de santé. Le verdict est attendu vendredi.
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