20 ans de prison pour le "violeur aux chaussettes"

le 23 mai 2008 à 21h19 , mis à jour le 23 mai 2008 à 21h31

Il a été reconnu coupable de viols sur neuf jeunes femmes entre 2002 et 2005.

procès justice tribunal © TF1-LCI

A 27 ans, Lassana Coulibaly, surnommé "le violeur aux chaussettes", a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, à Riom, pour le viol de neuf jeunes femmes. Une peine de 30 ans de réclusion assortie d'une période de sûreté de 20 ans avait été requise vendredi matin par l'avocat général Eric Mathais à l'encontre de l'accusé, qui encourait la réclusion criminelle à perpétuité pour viols avec actes de torture et de barbarie. "Je suis profondément navré pour tout le mal que je vous ai causé, j'aurais aimé pouvoir vous donner plus d'explications", a lancé à ses victimes le jeune homme, avant que la cour se retire pour délibérer. La cour, qui n'a pas retenu les actes de torture et barbarie, a prononcé une période de sûreté des deux tiers.

Lassana Coulibaly a reconnu avoir commis un viol et une agression sexuelle à Montpellier en octobre 2002, quatre viols et deux tentatives à Clermont-Ferrand en 2003 et 2005, deux viols à Paris en 2004 et 2005, un viol à Aulnay-sous-Bois en 2004 et un viol à Vichy en 2005. Mais il n'a pas fourni d'explications à ses actes.

Une "perversité évidente"

Dans son réquisitoire, l'avocat général Eric Mathais a souligné sa "perversité évidente", sa "responsabilité pleine et entière" et sa "dangerosité extrême". "Au total, sur les douze victimes, ça a duré 42 heures au cours desquelles des violences multiples ont été commises", a souligné le magistrat en détaillant les agressions qui obéissaient toutes au même mode opératoire. Lassana Coulibaly pénétrait chez ses victimes au petit matin par une fenêtre ouverte, enfonçait une chaussette dans leur bouche pour les faire taire, les ligotait avec des fils électriques et mettait une taie d'oreiller sur leur visage. Il les violait, les menaçait d'un couteau et restait souvent plusieurs heures sur place.

"Vous n'avez pas été capable de montrer une véritable compassion pour les victimes, au-delà des phrases stéréotypées, à cette audience", a regretté l'avocat général, en soulignant "la personnalité ambivalente" de l'accusé. "Il savait être doux, attentif avec les femmes, plutôt inhibé et pourtant c'est le même Coulibaly qui a imposé des sévices cruels à douze femmes", a affirmé Eric Mathais. "En France, pour faire trente ans, il faut avoir tué", a plaidé l'avocate de Lassana Coulibaly, Me Yaël Scemama, estimant que les actes de torture et barbarie n'étaient pas constitués. "Il a ligoté, il a bâillonné, il est resté longtemps au domicile de ses victimes, mais cela ne peut pas être envisagé en soi comme des actes de torture et de barbarie."

(D'après agence)

le 23 mai 2008 à 21:19
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