Les avocats des deux internautes plaident la relaxe

Par , le 06 juin 2008 à 15h37 , mis à jour le 06 juin 2008 à 16h10

Les avocats des deux hommes soupçonnés d'avoir projeté l'enlèvement et le martyre d'une fillette ont estimé que leurs clients avaient été "jetés en pâture" pour un projet resté "virtuel".

tribunal rouen justice © TF1

"On ne condamne pas un homme par rapport à des idées ou un projet intellectuel mais par rapport à des certitudes, avec des éléments constitutifs qui font défaut". Tel a été l'axe de défense, vendredi, des avocats des deux internautes soupçonnés d'avoir projeté l'enlèvement et le martyre d'une fillette et jugés depuis deux jours par le tribunal correctionnel de Rouen. 

S'ils reconnaissent "l'ignominie des propos tenus" par leurs clients, Christian Cadart et Hervé Limbour, ils se sont employés à minimiser l'importance de ce dossier. "Dès le début nous sommes dans la démesure la plus totale, on a  jeté en pâture ces messieurs à l'opinion publique", a notamment regretté maître Philippe Lecesne, rappelant que le projet est toujours resté "virtuel" et que les prévenus n'ont pas mis en oeuvre d'actes préparatoires.  Pour ces raisons, les avocats ont réclamé la relaxe de leurs clients pour les faits "d'association de  malfaiteurs" et une peine "normale" pour "la détention et la diffusion d'images  pédopornographiques".

 
"Il n'existe pas de projet plus abominable"

Une interprétation des faits que la procureur du tribunal ne partage pas. Quelques instants plus tôt, elle a requis la peine maximale de 10 ans de prison à l'encontre des deux internautes."Le projet qu'avaient monté Hervé Limbour ("Diablo") et Christian Cadart ("Helliot") est le plus grave sur l'échelle des infractions dans le code pénal", a asséné Marie-Valérie Albert. "Enlèvement, séquestration, viols, torture, il n'existe pas de projet plus abominable", a-t-elle ajouté. Elle a rejeté l'idée que ce projet n'aurait été que virtuel. "On voit un projet prendre forme, bouger jusqu'à sa faisabilité parfaite, et on voit clairement une répartition des rôles",  a-t-elle affirmé.

La procureure a également rejeté l'hypothèse que le policier infiltré dans le réseau à la suite d'une dénonciation du réseau à la justice belge ait joué un  rôle "incitatif" dans l'élaboration du projet. "L'infiltration a été régulièrement autorisée et la question de sa nullité n'a pas été soulevée devant  la chambre d'instruction", a-t-elle dit. Le jugement a été mis en délibéré au 2 juillet.



 

Par Alexandra Guillet le 06 juin 2008 à 15:37
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