Le procès des deux internautes devant le tribunal correctionnel de Rouen © LCI Deux internautes soupçonnés d'avoir projeté l'enlèvement et le martyre d'une fillette ont farouchement plaidé leur bonne foi jeudi devant le tribunal correctionnel de Rouen, rejetant toute idée de "passage à l'acte" et réduisant l'affaire à "un simple délire collectif".
"Tout ça c'est du fantasme et heureusement d'ailleurs. Je ne peux imaginer une seconde faire ça à un enfant. C'est du délire pur et simple". Du banc des prévenus, Christian Cadart, 49 ans, dit "Helliot", un technicien en télécommunications de Grand-Quevilly près de Rouen, répond aux questions du président avec des accents de sincérité.
"La réalisation n'était pas dans ma tête"
L'homme est incarcéré depuis le 7 mai 2007, jour de son interpellation alors qu'il faisait visiter à "Tyler", un policier belge infiltré dans le petit groupe, un ancien transformateur censé servir à la séquestration, au viol et à la torture d'une fillette. Avec Hervé Limbour, 41 ans, dit "Diablo", un peintre en batiment de Nice, il a discuté des heures sur MSN et sur le forum de discussions pédophile chatzy.com de ce projet d'enlèvement virtuel. Il était question de godemichets, de baillons, de martinets, de sodomies, de bougies, de fouets, de pinces à linge mais aussi de marquage au fer rouge de la lettre S comme "soumise".
Aujourd'hui, Cadart dit regretter s'être engagé dans une telle voie. Sur les sévices envisagés ? "J'ai honte d'expliquer", dit-il. Sur le choix d'un local qui montrerait un début d'exécution du projet ? "C'est vrai tout est cohérent mais la réalisation n'était pas dans ma tête". Sur ses remerciements aux policiers lors de son interpellation ? "Cela a mis fin à tout. Quelqu'un de normalement constitué ne peut pas tenir des propos aussi ignobles. J'en ai conscience aujourd'hui et je suis prêt à reprendre une vie correcte".
"Même des pires choses. C'est malheureux"
A son tour Hervé Limbour, interpellé après des conversations téléphoniques dans lesquelles il évoquait des agressions sexuelles sur des fillettes à Nice, assure s'être laissé entraîner dans le feu des discussions. "Dans ce délire total tout le monde donnait quelque chose. C'était comme une drogue de parler. Même des pires choses. C'est malheureux".
Mais ce Niçois qui encourt dix ans de prison comme Cadart met aussi en cause Tyler, le policier infiltré dans le réseau après que ce dernier ait été dénoncé par un internaute à la justice belge. "C'est Jaden (autre pseudonyme de Tyler) qui a dit: si on enlevait quelqu'un, qu'est ce que vous feriez ? Et tout le monde s'est mis à discuter. Il a lancé cette idée pour voir les réactions".
Ce rôle du policier belge est jugé "incitatif" par les avocats de la défense, qui ont l'intention d'insister sur les effets pervers de cette "infiltration" au cours de leurs plaidoiries prévues vendredi au terme du procès après le réquisitoire de la procureure de la République.
(D'après agence)
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