Elle tue sa mère et cache son corps : 12 ans

le 10 juin 2008 à 11h50 , mis à jour le 10 juin 2008 à 12h14

Josiane Ageon a écopé lundi de 12 ans de réclusion criminelle pour avoir tué sa mère dont elle a caché le cadavre pendant 6 ans dans sa cave.

assises cour justice

"Je voulais qu'elle se taise". C'est ce qu'a expliqué Josiane Ageon au sujet de sa mère lors de son procès qui se tenait jusqu'à lundi soir devant la cour d'assises de l'Essonne et à l'issue duquel elle a écopé de 12 ans de réclusion criminelle. Le 21 janvier 1999, selon ses déclarations, une dispute éclate au sujet du comportement de ses deux garçons, âgés de 16 et 19  ans, au cours de laquelle sa mère l'aurait notamment qualifiée de "bonne à rien".
 
Poussée par sa fille, la tête de la victime heurte l'évier. En l'aidant à se relever, Josiane Ageon, aujourd'hui âgée de 53 ans, lui porte un violent coup de couteau au niveau du cou. Le lendemain de cette fatale dispute, elle déverse une bouteille d'amoniac sur le corps de la victime, avant de l'emballer dans une housse de moto et des sacs plastiques, le tout entouré de ruban adhésif, et de la descendre à la cave.
 
Une mère "administrativement" maintenue en vie
 
Pour l'accusation, l'intention d'homicide ne faisait pas de doute. L'avocat général Rodolphe Jarry avait requis 18 à 20 ans de prison, insistant sur la localisation du coup de couteau, et son comportement immédiatement après la mort de la victime. Par peur d'avoir à abandonner ses enfants, elle n'avait pas appelé les secours. Plaidant la requalification des faits en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Me Jacques Bourdais, avocat de l'accusée, a estimé qu'elle n'a "pas voulu la mort de sa mère". A tout le moins y  a-t-il un "doute important" qui doit profiter à Josiane Ageon, selon lui. "Elle a voulu le geste, mais n'a pas voulu les conséquences", analyse-t-il. La cour retiendra ce doute, en requalifiant le meurtre en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur ascendant.
  
Josiane Ageon avait ensuite utilisé les pensions de retraite de sa mère, soit environ 146.000 euros, ainsi que ses moyens de paiement, ce qui lui vaut d'être également poursuivie pour escroquerie. Elle répondait aux courriers de sa mère, remplissait sa déclaration de revenus, et continuait de "la faire vivre administrativement", comme l'a résumé un enquêteur. De temps en temps, Josiane Ageon se rendait auprès du corps de sa mère, sur  lequel elle avait disposé une croix en pierre, et lui parlait. Toutes ces années durant, elle laisse croire à son entourage que sa mère Liliane est en vacances aux Antilles, puis qu'elle est partie s'installer dans le sud de la France avec un ami.

Ce mensonge n'aurait pas pu perdurer si le contexte familial n'avait pas été "distendu", voire "inexistant", selon l'avocat général, pour qui l'accusée a bénéficié d'un "terreau d'indifférence". La police avait découvert le corps le 5 février 2005 après avoir été alertée par les deux frères de Josiane Ageon, qui leur avait raconté que leur mère était morte à la suite d'une chute survenue après un malaise. Malgré les doutes exprimés par l'un de ses fils, elle a maintenu avoir agi seule.
 

le 10 juin 2008 à 11:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience