Le faux chirurgien esthétique, "un monstre"

le 02 juin 2008 à 22h02 , mis à jour le 02 juin 2008 à 22h08

A l'ouverture de son procès, l'homme n'a pas exprimé de compassion pour ses 97 victimes, venues un jour lui confier leur visage ou leur corps.

procès justice tribunal © TF1-LCI

"C'est un monstre, voilà." A la barre, l'ex-miss de beauté des Bouches-du-Rhône pleure en racontant ses souffrances. C'était il y a trois ans. Elle était venue se faire enlever une bosse sur l'arête du nez. Suite à l'opération ratée, elle a dû se faire réopérer à grands frais. "Tout ce qu'elle dit est faux, l'opération s'est très bien passée", rétorque sèchement le Dr Michel Maure, 59 ans, un médecin qui pratiquait la chirurgie esthétique à sa façon.

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L'homme est jugé depuis lundi et pour quinze jours devant le tribunal correctionnel de Marseille pour publicité mensongère, tromperies aggravées, mises en danger d'autrui et blessures involontaires. La plupart des faits ont eu lieu entre 2000 et 2004. Il risque quatre ans de prison. Mais c'est impassible que le Dr Maure a écouté la litanie des noms des 97 victimes recensées lundi, dont seulement quatre hommes. Durant toute l'audience, il n'a pas eu un mot de compassion pour ces femmes venues un jour lui confier leur visage ou leur corps et qui racontent aujourd'hui leurs douleurs, pendant l'opération qui durait parfois des heures sous simple anesthésie locale, et surtout depuis.

"Vous mentez"

"C'est une prothèse, il faut accepter les petits désagréments qui vont avec", répond-il à l'évocation des tourments d'une patiente aux seins refaits. Les vilaines cicatrices sur les seins d'une autre ? Elles sont "normales". "Vous mentez, vous êtes une grande actrice", lance-t-il à Catherine Dubrulle, qui a témoigné à la télévision et qui vient raconter son opération des seins en 2003 après laquelle elle a été recousue sans anesthésie. "J'en suis arrivée à me dire qu'il vaudrait mieux m'enlever le sein gauche", murmure cette femme réopérée deux fois et aujourd'hui en invalidité deuxième catégorie. C'est la seule à avoir aussi porté plainte pour intimidation après un courrier adressé en juillet 2004 par le médecin à ses patientes pour leur demander de retirer leurs plaintes, alors qu'il était sous contrôle judiciaire.

Pour le Dr Maure, les plaignantes "sont à 60% des voleuses" qui ne voulaient pas payer leur opération et ont été persuadées par la presse et des médecins concurrents. "Encore une légende", c'est sa réponse favorite au président Vincent Turbeaux qui l'interroge sur ses choix médicaux ou l'état de sa "clinique", privée d'agrément depuis 1995. Lors de l'audience, il se lève pour discréditer les témoignages, met en doute les rapports d'experts et assure aux victimes qu'elles ne se souviennent de rien "puisqu'elles étaient sous Valium". L'homme s'est même présenté aux enquêteurs comme "le plus grand chirurgien esthétique du monde". Il a été définitivement radié en janvier 2007 mais l'ordre des médecins lui avait infligé plusieurs sanctions depuis 1985.

(D'après agence)

le 02 juin 2008 à 22:02
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1 Commentaires

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  • Laurent, le 02/06/2008 à 22h18

    C'est pas ça qu'on appelle un psychopathe?

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