Noël Forgeard, ancien vice-président d'EADSNoël Forgeard a-t-il bénéficié d'un délit d'initié ? Selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers, l'ancien coprésident d'EADS a vendu, peu avant l'annonce des retards du programme A380, 360.000 actions EADS issues de ses stock-options les 17 novembre 2005, puis les 9 et 15 mars 2006 et en aurait retiré 4,3 millions d'euros. Il est soupçonné d'avoir bénéficié à cette occasion d'informations privilégiées sur les perspectives financières du groupe aéronautique et de défense européen ainsi que sur l'état d'avancement des programmes du très gros-porteur d'Airbus, et du long-courrier A350. Cette infraction est passible de deux ans d'emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre 10 fois le montant du profit qui en a été tiré. Alors qu'il est mis en examen et sous contrôle judiciaire, il a été interrogé par la police, devant laquelle il s'est défendu en mettant en cause les dirigeants allemands du groupe. Le procès-verbal de son audition a été publié en partie mardi dans Le Monde.
EADS : auditions hors-normes pour plus-values géantes
17 dirigeants ou ex-dirigeants d'EADS ou d'Airbus s'expliquent cette semaine devant l'AMF sur des ventes massives d'actions, faites peu avant que le cours ne chute, entraîné par les retards de l'A380.
Publié le 23/11/2009
S'il a reconnu avoir gagné 4,3 millions d'euros en vendant ses stocks-options, il a réaffirmé devant les policiers qu'il ignorait tout des retards sur l'A380. Alors, pourquoi cette vente à ce moment ? Noël Forgeard a assuré aux policiers avoir agi pour préparer sa retraite car il se sentait isolé. "J'estimais que compte tenu d'un parcours excellent accompli par Airbus sous ma direction, j'avais droit à ce complément de rémunération. J'étais dans ma soixantième année, c'est un âge auquel on commence à penser à la retraite", a-t-il dit. "Par ailleurs, je n'avais pas chez EADS un sentiment de sécurité. Manfred Bischoff (alors co-président d'EADS) ne m'avait jamais apprécié et les discussions difficiles au premier semestre 2005 n'avaient rien arrangé".
Thomas Enders, "nommé pour me surveiller"
Selon lui, il "était clair que Thomas Enders, qui avait été nommé co-CEO (président exécutif) d'EADS, l'avait été dans le but notamment de me surveiller". Les contrôleurs de gestion et les directeurs financiers d'Airbus et d'EADS étaient tous allemands, a ainsi noté Noël Forgeard, répétant sa version des faits selon laquelle les retards de production de l'A380, qui résultaient selon lui de problèmes dans les sites allemands, auraient été dissimulés par les Allemands : "J'avais une inquiétude sur l'A380 depuis le 29 mars 2006, et aucun des membres de la direction générale n'avait été alerté, ni moi ni les autres". Président d'Airbus de 1998 à 2005 devenu coprésident exécutif d'EADS de juin 2005 à juillet 2006, Forgeard a dit avoir prévenu Manfred Bischoff le 14 avril, sans résultats, ce dernier lui ayant simplement rappelé selon lui qu'il ne dirigeait plus Airbus.
D'autres convocations à la police et chez les juges sont attendues très prochainement concernant les 16 autres personnes physiques - dont Thomas Enders - et les deux sociétés, Lagardère et DaimlerChrysler mises en cause pour délit d'initié dans un rapport de l'Autorité des marchés financiers remis à la justice en avril. L'AMF dit dans son rapport avoir établi que 17 des 21 membres des comités exécutifs d'Airbus et EADS avaient cédé entre le 19 juillet 2005 et le 13 juin 2006 plus de 1,7 million d'actions, réalisant une plus-value brute totale de 20 millions d'euros. L'AMF estime que ces personnes avaient forcément connaissance dès le second semestre 2005 de la dégradation des perspectives financières du groupe, "au plus tard le 1er mars 2006" des retards de livraison sur l'A380 et "au plus tard le 7 mars 2006" des problèmes sur le programme A350.
D'après agences
Retour MYTF1
EADS : auditions hors-normes pour plus-values géantes
Chargement en cours...





