© AFPJean-Paul Gut a-t-il commis un délit d'initiés lorsqu'il a vendu en novembre 2005 et mars 2006 des stocks-options que lui avaient attribuées le groupe pour un montant de 1,7 million d'euros ? Autrement dit, l'ancien directeur général délégué d'EADS avait-il connaissance à cette époque des perspectives financières pessimistes du groupe et des retards dans les programmes A380 et A350 ? Depuis mardi soir, Jean-Paul Gut est mis en examen pour "délit d'initié".
A l'issue de sa présentation aux juges Xavière Simeoni et Cécile Pendaries au pôle financier du palais de justice de Paris, Jean-Paul Gut a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Ce contrôle comprend le versement d'une caution de 400.000 euros. Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'informations privilégiées sur les perspectives financières du groupe aéronautique et de défense européen ainsi que sur des retards sur les programmes du très gros-porteur A380 et du long-courrier A350.
175 000 actions
Jean-Paul Gut, qui a quitté EADS en juin 2007, est le deuxième ancien dirigeant du groupe poursuivi sur le plan pénal dans cette affaire de délits d'initié présumés. L'ancien coprésident du groupe, Noël Forgeard, avait été mis en examen pour le même chef le 30 mai et s'était vu infliger une caution d'un million d'euros.
L'infraction de délit d'initié est passible de deux ans d'emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre dix fois le montant du profit qui en a été tiré. Selon un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Paul Gut a vendu 175.000 actions EADS issues de ses stock-options en novembre 2005 et en mars 2006 et en a retiré plus de 1,7 million d'euros. En tout, l'AMF suspecte pour sa part 17 dirigeants et anciens dirigeants du groupe d'aéronautique et de défense, dont MM. Forgeard et Gut, d'avoir commis des délits d'initiés.
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