
Le 2 juin 2005, Nelly Crémel était enlevée alors qu'elle faisait son jogging à proximité de son domicile à Reuil-en-Brie, en Seine-et-Marne, et tuée de deux coups de fusil et plusieurs coups de rondins, pour vingt euros et une montre. Quelques jours plus tard, Patrick Gateau, 49 ans, et Serge Mathey, 27 ans, étaient interpellés et mis en examen pour enlèvement, séquestration sans libération volontaire avant le sixième jour et assassinat. Ils avouaient leur participation au drame tout en se rejetant la responsabilité des coups mortels. Leur procès s'ouvre ce lundi devant les assises de Seine-et-Marne.
Mère d'une fille de 12 ans, la victime était l'épouse d'un officier de la DGSE. Le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, avait assisté à ses obsèques. Outre l'absurde et tragique enlèvement (les deux hommes auraient croisé par hasard Nelly Crémel, l'aurait forcée à monter dans une voiture en la menaçant d'un fusil, puis lui aurait dérobé sa montre et son baladeur, avant de la tuer dans un déchaînement de violence), ce procès s'annonce emblématique du débat sur la récidive.
Un fait divers devenu emblématique
Ce fait divers, mettant en cause un homme déjà condamné à la perpétuité en 1990 pour assassinat, et remis en liberté en 2003, avait relancé le débat sur la récidive et conduit à une loi le 12 décembre 2005. Ce récidiviste est Patrick Gateau, condamné par la Cour d'assises du Rhône pour l'assassinat d'une femme en 1984. Nicolas Sarkozy n'avait pas hésité à dire que le juge qui avait "osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle" devait "payer" pour sa "faute".
Au terme d'une instruction riche en expertises, revirements et contradictions, l'accusation a considéré que les deux hommes étaient coauteurs du crime, l'un, Mathey, pour avoir tiré et frappé, l'autre, Gateau, pour l'y avoir encouragé voire forcé. Gateau conteste énergiquement, s'estimant victime d'une "instruction à charge", en raison de son "passé judiciaire". Il a réclamé, sans succès, la requalification des faits devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




