Menacés de sanction pour avoir informé des détenus

le 25 juin 2008 à 10h07 , mis à jour le 25 juin 2008 à 10h41

La CGT-pénitentiaire dénonce la mésaventure de travailleurs sociaux pénitentiaires qui ont envoyé une lettre à des détenus sur l'encellulement individuel.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

Ils avaient voulu informer des détenus sur leur droit à une cellule individuelle : ils ont reçu des menaces de sanctions. S'il faut en croire la CGT-pénitentiaire, c'est la mésaventure qu'ont connue récemment des travailleurs sociaux pénitentiaires de la maison d'arrêt de Villepinte.

Ces conseillers d'insertion et de probation (CIP), chargés du suivi et de la réinsertion des détenus, avaient voulu envoyer aux prisonniers des "lettres individuelles" mentionnant "la possibilité" de demander à être seul en cellule, comme les y autorise un décret du 10 juin de la ministre de la Justice Rachida Dati, a indiqué la CGT dans un communiqué. Selon ce texte, l'encellulement individuel est possible à la demande d'un détenu en attente de jugement, quitte à ce qu'il soit transféré si la maison d'arrêt où il est placé ne peut l'isoler. Une circulaire devrait prochainement préciser les modalités de mise en oeuvre de cette disposition.

"Troubles graves à l'ordre public et à la sécurité"

"Dès que la direction de l'établissement pénitentiaire a été mise au courant, les courriers ont été interceptés immédiatement et les travailleurs sociaux menacés de sanctions disciplinaires graves sous prétexte de troubles graves à l'ordre public et à la sécurité", raconte le syndicat. Et la CGT-pénitentiaire s'offusque : "Comment est-il possible qu'un décret venant en application d'une loi puisse porter atteinte à la sécurité ? Les dispositions de Mme Dati ne seraient-elles que des effets d'annonce inapplicables ?".

Pour sa part, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris, Jean-Charles Toulouze, explique que l'initiative des fonctionnaires n'était "pas condamnable sur le principe" mais qu'il leur était reproché d'avoir mis leur direction "devant le fait accompli", "sans avoir informé personne". Jean-Charles Toulouze a assuré néanmoins "qu'aucune suite disciplinaire" ne serait donnée à cette affaire. Selon lui, "une dizaine de demandes" de détenus voulant bénéficier du décret sur l'encellulement individuel ont d'ores et déjà été reçues en région parisienne.

D'après agence

le 25 juin 2008 à 10:07
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