Neuf Corses à la barre pour une trentaine d'attentats

le 02 juin 2008 à 05h45 , mis à jour le 01 juin 2008 à 15h56

Ils comparaissent pour des attentats commis en Corse entre 2001 et 2003, dont plusieurs ont été revendiqués par le groupe Resistenza Corsa.

palais justice droit tribunal © TF1-LCI

Neuf Corses comparaissent à partir de ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris pour une série d'attentats commis en Corse entre 2001 et 2003 et dont plusieurs ont été revendiqués par le groupe Resistenza Corsa. Les neuf hommes sont poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", détention d'armes, d'engins explosifs ou encore "destruction du bien d'autrui en bande organisée par un moyen dangereux". Outre ces neuf personnes physiques, le juge d'instruction Gilbert Thiel a renvoyé devant la cour d'assises la société Corsica gardiennage services, contrôlée à l'époque par l'ex-leader nationaliste Charles Pieri. Huit des neuf personnes mises en cause dans ce dossier étaient des employés de cette société de sécurité. Selon l'accusation, elles étaient rémunérées pour avoir commis des attentats par des "primes" spéciales figurant sur leurs bulletins de paie.

Au total, le juge Thiel a enquêté sur une cinquantaine d'attentats commis entre l'été 2001 et novembre 2003, dont une trentaine ont pu être élucidés et attribués par l'accusation aux huit accusés. Les explosions avaient frappé notamment un bar fréquenté par la communauté maghrébine de Bastia en mai 2003, sans faire de victimes. En août 2003, la mairie et le Palais de justice de Bastia avaient également été visés. Resistenza Corsa disait agir au nom du "combat contre le trafic de drogue en Corse et l'immigration clandestine".

Plus d'un mois de procès

Le groupuscule clandestin s'était fait connaître en décembre 2002 en revendiquant plusieurs attentats à Bastia. En août 2003, il avait rejoint les rangs du principal groupe armé corse, le FLNC-Union des combattants, dont Charles Pieri était considéré comme l'un des principaux chefs. Les attentats avaient cessé après l'arrestation en novembre 2003 de Dominique Casimiri. Cet homme, qui comparaît à partir de lundi, affirme être le co-fondateur de Resistenza Corsa. Il a revendiqué une trentaine d'actes terroristes à lui seul. Avec Pierre-Ferdinand Casanova, chef du personnel de Corsica gardiennage services, également accusé, Dominique Casimiri est considéré par l'accusation comme l'un des principaux protagonistes.

L'enquête avait démarré avec l'arrestation de deux hommes, le 8 juillet 2003, à proximité d'une pizzeria du port de plaisance de Bastia qui venait d'être plastiquée. Les deux suspects, employés de la CGS, avaient reconnu leur implication dans l'attentat. Le procès devrait durer jusqu'à 4 juillet.

(D'après agence)

le 02 juin 2008 à 05:45
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