
Le procès des assassins présumés de Nelly Crémel, tuée à coups de fusil et de rondins le 2 juin 2005 à Reuil-en-Brie, s'est ouvert lundi aux assises de Seine-et-Marne. Serge Mathey, 28 ans, et Patrick Gateau, 51 ans, sont jugés jusqu'au 19 juin pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage pour faciliter un crime ou un délit" et "assassinat", en récidive de ces deux chefs pour le second.
Lors du meurtre, Patrick Gateau, déjà condamné en 1990 pour un assassinat, était en liberté conditionnelle depuis 2003. Après sa sortie de prison, il avait retrouvé sa femme, un logement, du travail, comme cuisinier ou homme à tout faire. Plusieurs témoins l'ont décrit comme un "employé modèle", apparemment parfaitement réinséré.
Le refus d'un "procès emblématique" de la récidive
Mais son passé le rattrapait aussitôt lorsqu'il était arrêté peu après le meurtre de Nelly Crémel. Le ministre de l'Intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, avait estimé que le juge qui avait "osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle" devait "payer" pour sa "faute". La loi sur la récidive du 12 décembre 2005 avait été promulguée dans la foulée.
A l'audience de ce lundi, Patrick Gateau a dénoncé la manière dont Nicolas Sarkozy avait "monté (l'affaire) en épingle", et l'avait dès le départ jugé "coupable". "J'ai déposé sept plaintes contre Nicolas Sarkozy, toutes classées par le procureur de Meaux (...) Je m'interroge sur l'impartialité de la justice", a-t-il dit.
Les avocats de la défense comme de la partie civile ont pour leur part tenté de laisser ce débat à l'extérieur de la salle d'audience. "J'espère que l'on va pouvoir s'expliquer sans que le fardeau de la récidive ne nous accable", a déclaré à la presse Me Gilbert Collard, avocat de Gateau. Son second défenseur, Edouard Martial, a souligné qu'il avait "toujours nié avoir donné un seul coup de feu ou de rondin", Mathey ayant a contrario avoué. Me Catherine Bahuchet, avocate de la partie civile, a affirmé que ce ne serait pas elle qui ferait du procès un "procès emblématique" de la récidive, ajoutant : "je laisse ça au ministre de l'Intérieur". Elle a préféré souligner "l'absence criante de moyens" de la justice, "notamment pour les gens qui doivent faire en sorte que les personnes qui sortent de détention se réinsèrent dans la société".
D'après agence
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