Jean-Pierre Tirouflet, l'ancien patron de Rhodia © TF1/LCIJean-Pierre Tirouflet, l'ancien PDG de la société Rhodia, en garde à vue depuis mercredi à la police financière, a été mis en examen vendredi pour "diffusion de fausses informations" par les juges chargés d'enquêter sur la communication financière du groupe chimique entre 1999 et 2004. L'ancien patron a été laissé en liberté avec un contrôle judiciaire comprenant le versement d'une caution de 300.000 euros et l'interdiction d'entrer en contact avec certains protagonistes du dossier.
Les deux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy sont chargés depuis 2004 de la procédure ouverte pour "présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations fausses ou mensongères sur la situation d'un émetteur coté sur le marché réglementé, délit d'initié et recel de délit d'initié". L'enquête a été ouverte sur plainte de deux financiers, aujourd'hui disparus, qui s'estimaient floués lors de leurs placements dans cette société : Edouard Stern, assassiné par sa compagne en 2005, et Hugues de Lasteyrie, décédé en 2007. Les plaignants estimaient avoir été trompés sur la valeur de l'entreprise et accusaient Rhodia et son ancienne maison mère Rhône-Poulenc d'avoir notamment dissimulé certains passifs pour survaloriser le titre lors de son introduction en Bourse en 1998.
Sur le plan administratif, en juin 2007, l'Autorité des marchés financiers avait déjà reconnu l'existence d'une diffusion d'informations inexactes de 2001 à 2003. Elle a infligé au groupe d'industrie chimique, issu de Rhône-Poulenc, une amende de 750.000 euros et de 500.000 euros à Jean-Pierre Tirouflet, qui l'a dirigé de sa création en 1998 jusqu'à 2003. Les fausses informations retenues par l'AMF concernaient l'évolution de l'activité de la société américaine Chirex - acquise par Rhodia en 2002 -, la prise en compte d'actifs d'impôts différés, ainsi que de la dette du groupe et notamment de ses engagements hors bilan.
D'après agence
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