Jacques Chirac, interrogé par TF1 le 22 novembre 2007 © TF1/LCIDes perquisitions visant à vérifier l'existence éventuelle d'un compte bancaire de Jacques Chirac au Japon ont été menées par un juge de Tahiti mercredi à Paris aux services secrets et chez l'avocat de l'ex-chef de l'Etat. Le juge Jean-François Redonnet s'est rendu à la DGSE pour se faire remettre des documents, selon une source proche des services de renseignement, confirmant une information du Monde.
Par ailleurs, le magistrat s'est rendu au cabinet de Me Jean Veil, avocat de Jacques Chirac, pour se faire remettre un rapport d'enquête privé récemment rendu public par l'avocat, et qui concluait que le supposé compte japonais n'avait jamais existé, a expliqué Me Veil. Le bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel, présent comme le veut la procédure en cas de perquisition chez un avocat, a refusé la saisie du document, qu'il estime couvert par le secret professionnel, a-t-il précisé. La saisie a donc pour l'instant échoué sur ce point. Jacques Chirac ne souhaite faire aucun commentaire sur cette affaire, a dit Me Jean Veil.
Les documents du général Rondot
Le magistrat de Tahiti agit dans le cadre d'une enquête ouverte pour "assassinat" sur la disparition en 1997 du journaliste Jean-Pascal Couraud, hostile à Gaston Flosse, président de la Polynésie française et proche de Jacques Chirac. Un ex-membre du service d'ordre de la présidence de Polynésie a affirmé sans fournir de preuves que le journaliste avait été battu à mort avant d'être jeté en mer.
C'est en marge de l'affaire Clearstream qu'ont été découverts, dans les archives du général Philippe Rondot, des éléments d'enquête de la DGSE sur le supposé compte bancaire Chirac au Japon, dont l'existence n'a jamais pu être démontrée. Le bureau de Tokyo de la DGSE, menant en 1996 une enquête de routine sur le banquier Soichi Osada, ami de l'ancien maire de Paris qui voulait investir en France, a fait état dans une note envoyée à Paris d'un compte bancaire détenu par Jacques Chirac et crédité de 300 millions de FF, sans plus de détails.
Le général Rondot, qui a mené une enquête en 2001 sur cette affaire, à la demande de l'Elysée, avait confirmé devant les juges cette information en mars 2006, dans une audition, précisant que le compte était ouvert à la Tokyo Sowa Bank. Il est ensuite revenu dans la presse sur ses déclarations, avant de refuser de répondre aux juges, même lorsqu'ils l'ont fait conduire par la force dans leur bureau en mai 2006. Des documents sur ce compte japonais supposé saisis chez le général Rondot, versés au dossier Clearstream, établissent une apparence de lien avec la Polynésie. Ils contiennent des messages de la DGSE, des relevés bancaires japonais et des notes évoquant Gaston Flosse.
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