Hôpital d'Epinal © TF1/LCIL'ancien directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Lorraine, Jacques Sans, et l'ancienne directrice de la Ddass des Vosges , Francette Meynard, ont été mis en examen jeudi pour "omissions de porter secours" dans l'affaire des irradiés d'Epinal. Le centre hospitalier Jean-Monnet d'Epinal a ensuite été mis en examen vendredi en tant que personne morale également pour "omissions de porter secours", selon une source judiciaire.
Désormais, sept personnes sont mises en examen depuis fin mai dans ce dossier instruit par les juges du pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, Anne-Marie Bellot et Pascal Gand. Un radiophysicien, Josuah Anah, l'ancien chef du service de radiothérapie, Michel Aubertel, et un radiologue, Jean-François Szterner ont été mis en examen en début de semaine dernière pour "homicides involontaires", "blessures involontaires ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de trois mois". Ils ont également été mis en examen pour "abstention volontaire de porter assistance à une personne en danger" et "obstacle à la manifestation de la vérité par altération ou soustraction de documents".
Cinq décès
Le 31 mai, l'ancienne directrice de l'hôpital, Dominique Capelli, avait été mise en examen pour "non assistance à personne en danger" et placée sous le statut de témoin assisté pour les chefs d'homicides et de blessures involontaires.
Au moins 5.500 personnes ont été victimes de surirradiation au centre hospitalier Jean-Monnet entre 1987 et 2006, faisant de l'affaire d'Epinal le plus grave accident de radiothérapie recensé en France. Parmi ces victimes, 24 ont été très fortement irradiées pendant le traitement d'un cancer de la prostate entre mai 2004 et août 2005, dont cinq sont décédées des suites des surdoses. Ces surirradiations ont été provoquées par des défaillances à répétition dans l'utilisation du matériel de radiothérapie, selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui avait notamment pointé l'absence de réaction de l'ARH et de la Ddass au début de l'affaire.
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