Au tribunal pour avoir giflé son élève

le 25 juin 2008 à 06h00 , mis à jour le 25 juin 2008 à 11h34

Il s'était fait traiter de "connard", il avait répondu par une gifle. Un professeur de Berlaimont comparaît aujourd'hui devant un tribunal correctionnel.

José Laboureur, professeur de Technologie à Berlaimont, lors de son procès pour avoir giflé un élève (25 juin 2008)José Laboureur, professeur de Technologie à Berlaimont, lors de son procès pour avoir giflé un élève (25 juin 2008) © TF1/LCI

Le 28 janvier 2008, José Laboureur, professeur de Technologie à Berlaimont, dans le Nord, avait poussé contre une porte puis giflé un élève de 11 ans qui refusait de ranger une table au fond de la classe. Un geste brutal survenu après que le collégien l'eut traité de "connard" en le regardant dans les yeux. Le père du mineur, gendarme, avait déposé plainte, entraînant le placement  en garde à vue du professeur pendant 24 heures. Son procès s'ouvre ce mercredi devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord.
 
"Il attend de son procès de pouvoir expliquer pourquoi il a pu pousser cet élève et lui administrer une gifle, expliquer qu'à ses yeux, il était dans le cadre de son exercice professionnel face à un élève qui le provoquait et cherchait l'affrontement", résume Me Jean-Marc Villesèche, l'avocat de José Laboureur, qui plaidera la relaxe de son client.
  
Ne pas "fausser le débat"

Du côté de l'élève - qui avait été exclu trois jours de sa classe pour avoir insulté son professeur - et de sa famille, "on attend que le débat ne soit pas faussé et décalé sur la condition de professeur, sur les difficultés que peuvent rencontrer les enseignants", selon leur avocat, Maître Emmanuel Riglaire. "Ces difficultés ne sont pas contestables, mais elles n'ont rien à voir avec notre affaire", poursuit Me Riglaire, qui entend demander à M. Laboureur un euro de dommages et intérêts "pour toute la tempête dans laquelle il a emporté cet enfant". "Les considérations personnelles de M. Laboureur et la médiatisation qu'il a donné à sa défense ne pouvaient que déstabiliser cet enfant", a-t-il assuré.
 
A l'époque des faits, l'affaire avait suscité de nombreuses réactions. Une pétition de soutien lancée par le Snalc-CSEN, traditionnellement classé à droite, avait notamment recueilli plusieurs milliers de signatures, et le Premier ministre François Fillon avait également manifesté son "soutien" au professeur. José Laboureur avait refusé la procédure de "plaider-coupable" d'abord prévue fin mars pour cette affaire, expliquant vouloir un procès public pour se défendre. En arrêt de travail depuis le début de l'affaire, il devait "théoriquement" reprendre le chemin des cours lundi. 

                                                                                                                                            D'après agences
 

le 25 juin 2008 à 06:00
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