Le lieu où un jeune de confession juive a été agressé le 21 juin 2008 dans le XIXe à Paris © TF1-LCIDeux hommes d'une vingtaine d'années, dont un militaire de carrière, ont été mis en examen et placés en détention provisoire à Paris pour "tentative de meurtre" dans l'enquête sur les coups infligés à un jeune Juif de 17 ans, Rudy, le 21 juin dans la capitale. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a confirmé vendredi sur France Info une information du Parisien évoquant la mise en examen, intervenue jeudi soir, d'un membre de l'armée de l'air. "Il s'agit en effet, selon les informations que nous possédons, d'un militaire du rang de la base aérienne de Taverny, sous contrat, qui, selon nos informations, était en congé maladie", a dit Hervé Morin. "Bien entendu, il a effectué cet acte en dehors du service", a ajouté le ministre, jugeant "totalement inacceptable" le comportement du militaire. "Nous en tirerons les conséquences qui s'imposent", a-t-il ajouté.
Selon Le Parisien, le militaire, âgé de 26 ans et résidant dans le XIXe arrondissement de Paris, où s'est produit l'agression, est soupçonné d'avoir porté à la victime les coups les plus violents à l'aide d'une béquille. L'avocat du militaire a réagi, vendredi, en affirmant être "atterré par les atteintes à la présomption d'innocence" de son client, d'ores et déjà présenté, selon lui, comme coupable. Le deuxième suspect est un homme de 25 ans, également de nationalité française, résidant à Aubervilliers. Il aurait frappé Rudy à mains nues. La juge d'instruction Géraldine Rigollot, qui a auditionné les deux suspects après deux jours de garde à vue, a retenu la circonstance aggravante de l'antisémitisme. Un troisième suspect, un Malien de 27 ans, a été mis en examen pour "violences en réunion avec arme", toujours avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme, pour d'autres faits survenus juste avant ceux concernant le jeune Rudy, survenus dans le XIXe arrondissement de Paris. Ce dernier a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire par un juge des libertés contre l'avis du parquet.
Cinq suspects remis en liberté
Le 21 juin, Rudy avait été roué de coups et plongé dans le coma. Il en est sorti depuis et a déclaré aux policiers n'avoir aucun souvenir de l'affaire. Des témoignages puis des écoutes téléphoniques ont conduit les policiers aux suspects, presque trois semaines après les faits qui avaient suscité une vague d'indignation dans la communauté juive et la classe politique française.
Les trois hommes mis en examen ont admis avoir été présents sur les lieux des faits mais ils ont nié toute participation. Aux lendemains des faits, cinq premiers suspects arrêtés sur place avaient été remis en liberté et avaient bénéficié du statut de témoin assisté, la juge Rigollot ayant refusé la mise en examen et en détention demandée par le parquet. La police croit maintenant tenir les principaux auteurs des faits, qui ont impliqué un grand nombre de protagonistes.
Présentée initialement par les associations juives comme une "agression" antisémite uniquement déclenchée par le fait que Rudy portait une kippa, l'affaire est apparue sous un jour différent après l'enquête de police. Les investigations ont en effet montré que Rudy, connu de la police pour des violences commises en décembre dernier, n'avait pas été agressé alors qu'il était seul mais blessé à l'issue d'une bagarre entre deux bandes qualifiées de "communautaires", l'une formée de Juifs et l'autre de jeunes de différentes origines, notamment africaine. Cette bagarre serait liée à celle qui a valu la mise en examen au jeune Malien et semble s'inscrire dans une série de heurts entre jeunes le samedi 21 juin dans ce quartier de Paris, proche des Buttes-Chaumont.
(D'après agence)
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