TF1-LCI - L'épave du Bugaled Breizh, coulé en 2004 avec les 5 marins à bord © TF1-LCI![]() |
| "Une affaire d'Etat", pour l'avocat des familles des victimes |
Les juges chargés de l'affaire du chalutier Bugaled Breizh ont indiqué jeudi aux parties civiles que l'hypothèse d'un naufrage après une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque était "hautement probable", a affirmé Me Christian Bergot, avocat des familles. Après plus de quatre ans d'instruction, les juges Foltzer et Corre ont demandé leur mutation et avaient organisé une dernière rencontre jeudi avec les parties civiles avant leur départ.
"Masquer la vérité"
Les juges Richard Foltzer et Muriel Corre s'appuient sur un rapport remis le 15 juillet par un officier sous-marinier à la retraite, Dominique Salles, qui estime que "la cause hautement probable du naufrage est celle d'une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA)", a ajouté Me Bergot, à l'issue d'une rencontre avec les magistrats. "Seuls les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France ont des SNA", a poursuivi Me Bergot qui accuse militaires et gouvernement français "de masquer la vérité".
Selon le rapport de M. Salles cité par Me Bergot, "c'est le safran du sous-marin qui s'est pris dans la fûne (câble, NDLR) babord pendant 80 secondes, entraînant le chalutier au fond". L'identification d'un SNA provient de la "rapidité du naufrage, l'autonomie que peut développer un tel sous-marin et également sa force, sa puissance". Le Bugaled Breizh, chalutier de Loctudy, a coulé avec ses cinq hommes à bord, en quelques minutes le 15 janvier 2004 au large de l'Angleterre dans une zone où se déroulaient à la fois des exercices de l'Otan et des exercices britanniques impliquant des sous-marins.
Conviction des juges
"Les gens en poste n'ont pas pu ne pas se rendre compte. Aujourd'hui, il y a des criminels qui courent dans la nature, de quelque nation que ce soit", s'est indigné Me Bergot. Du côté de l'enquête, les juges, qui ont la conviction d'avoir identifié la cause du naufrage sans pour autant désigner le coupable, déposeront ces jours prochains un avis de fin d'instruction. "Ils considèrent qu'ils sont allés au bout de leur instruction et qu'il est pratiquement impossible d'aller lancer des commissions rogatoires internationales en direction des trois pays cités et demander à la France la position de ses sous-marins nucléaires", a indiqué Me Bergot. Les parties civiles disposeront alors de trois mois pour demander aux nouveaux juges qui prendront le relais d'effectuer ces actes d'instruction, une étape nouvelle vers la recherche de la vérité, selon Me Bergot.
Quoiqu'il en soit, cette thèse est contestée par l'ancienne procureure de la République de Quimper, Anne Kayanakis, mutée au printemps, qui a toujours maintenu sa conviction "personnelle, scrupuleuse, sans a priori", que l'hypothèse de l'accident de pêche était "la plus étayée". Dans des réquisitions provisoires déposées avant son départ, elle souhaitait clore l'information judiciaire avec un non lieu, affirmant qu'il faut "constater qu'aucun sous-marin n'est à l'origine de ce naufrage".
(D'après agence)
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