Un rapport accrédite la thèse d'un sous-marin nucléaire

le 31 juillet 2008 à 13h06 , mis à jour le 31 juillet 2008 à 22h26

Après quatre ans d'instruction, les deux juges, bientôt mutés, s'appuient sur un rapport remis le 15 juillet par un officier sous-marinier à la retraite.

TF1-LCI - L'épave du Bugaled Breizh, coulé TF1-LCI - L'épave du Bugaled Breizh, coulé en 2004 avec les 5 marins à bord © TF1-LCI

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"Une affaire d'Etat", pour l'avocat
des familles des victimes
 

Les juges chargés de l'affaire du chalutier Bugaled Breizh ont indiqué jeudi aux parties civiles que l'hypothèse d'un naufrage après une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque était "hautement probable", a affirmé Me Christian Bergot, avocat des familles. Après plus de quatre ans d'instruction, les juges Foltzer et Corre ont demandé leur mutation et avaient organisé une dernière rencontre jeudi avec les parties civiles avant leur départ.

"Masquer la vérité"

Les juges Richard Foltzer et Muriel Corre s'appuient sur un rapport remis le 15 juillet par un officier sous-marinier à la retraite, Dominique Salles, qui estime que "la cause hautement probable du naufrage est celle d'une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA)", a ajouté Me Bergot, à l'issue d'une rencontre avec les magistrats. "Seuls les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France ont des SNA", a poursuivi Me Bergot qui accuse militaires et gouvernement français "de masquer la vérité".

Selon le rapport de M. Salles cité par Me Bergot, "c'est le safran du sous-marin qui s'est pris dans la fûne (câble, NDLR) babord pendant 80 secondes, entraînant le chalutier au fond". L'identification d'un SNA provient de la "rapidité du naufrage, l'autonomie que peut développer un tel sous-marin et également sa force, sa puissance". Le Bugaled Breizh, chalutier de Loctudy, a coulé avec ses cinq hommes à bord, en quelques minutes le 15 janvier 2004 au large de l'Angleterre dans une zone où se déroulaient à la fois des exercices de l'Otan et des exercices britanniques impliquant des sous-marins.

Conviction des juges

"Les gens en poste n'ont pas pu ne pas se rendre compte. Aujourd'hui, il y a des criminels qui courent dans la nature, de quelque nation que ce soit", s'est indigné Me Bergot. Du côté de l'enquête, les juges, qui ont la conviction d'avoir identifié la cause du naufrage sans pour autant désigner le coupable, déposeront ces jours prochains un avis de fin d'instruction. "Ils considèrent qu'ils sont allés au bout de leur instruction et qu'il est pratiquement impossible d'aller lancer des commissions rogatoires internationales en direction des trois pays cités et demander à la France la position de ses sous-marins nucléaires", a indiqué Me Bergot. Les parties civiles disposeront alors de trois mois pour demander aux nouveaux juges qui prendront le relais d'effectuer ces actes d'instruction, une étape nouvelle vers la recherche de la vérité, selon Me Bergot.

Quoiqu'il en soit, cette thèse est contestée par l'ancienne procureure de la République de Quimper, Anne Kayanakis, mutée au printemps, qui a toujours maintenu sa conviction "personnelle, scrupuleuse, sans a priori", que l'hypothèse de l'accident de pêche était "la plus étayée". Dans des réquisitions provisoires déposées avant son départ, elle souhaitait clore l'information judiciaire avec un non lieu, affirmant qu'il faut "constater qu'aucun sous-marin n'est à l'origine de ce naufrage".

(D'après agence)

le 31 juillet 2008 à 13:06
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4 Commentaires

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  • Exocet29, le 01/08/2008 à 00h10

    Etant sous-marinier, je peux affirmer qu'un tel evenement (accrochage d'un chalut par un sous-marin) ne peut passer inapercu au sein d'une Marine occidentale, pour les raisons suivantes : - l'accrochage avec un chalut n'est pas quelque chose d'anodin, c'est bruyant, ca secoue. Bref l'équipage ne peut pas ne pas s'en apercevoir. Et surtout, on ne peux pas faire taire plus de 50 hommes...même sous des pretextes de secret defense. - L'accrochage avec un chalut laisse des traces non réparables en mer. La reparation ne peut se faire que dans des chantiers spécialisés. Ce qui signifie qu'il faudrait là aussi faire taire des dizaines d'ouvriers civils... - La navigation sous-marine dans cette zone d'eaux peu profondes est reglementée . Tout sous-marin qui veut transiter dans des zones d'exercices sous-marine d'un pays OTAN doit se faire connaitre et en demander la permission. Reste le cas des sous-marins des pays non OTAN. Là c'est encore plus facile, les pays OTAN ont tous des autorités de gestion de l'espace sous-marin qui suivent les mouvements de tous les sous-marins en particuliers russes, et cela grace à un service de renseignement tres performant et à un partage des infos, entre pays OTAN, en temps réel. Il est tres facile d'accuser quelque chose que l'on ne connait. L'histoire regorge d'exemples peu glorieux de ce genre. Arrêtons de porter cette suspicion sur des gens formidable qui sacrifient leur vie de famille pour servir leur pays. Arrêtons de croire que ces marins, père de famille, puissent rentrer chez eux chérir leurs enfants, leur femme, discuter avec leur voisin marin pêcheur comme si de rien n'était. Mais il vrai qu'il est toujours plus facile d'accuser un organisme solvable avec un budget de plusieurs milliards d'euros que de se dire....et bien il y a peut être eu une erreur à bord, et ne toucher aucune indemnité... Je vous laisse là avec ces reflexions, en espérant qu'elles vous auront fait réflechir. Exo

  • Gaulois54, le 31/07/2008 à 23h00

    Si c'est vrai c'est scandaleux . comme le sang contaminé , creutzfeld jacob , j ai le sentiment qu'on fait passer le pouvoir du fric avant la vie des personnes . si des gens au pouvoir font cela, comment peuvent-ils se regarder dans une glace ?

  • Florian, le 31/07/2008 à 20h29

    Alors, il y avait des traces de titane sur les chaluts ou pas? Il y en a eu, il n'y en avait plus....... C'est quoi la vérité? Celle qu'on pense, ou celle qu'on donne au public?

  • Yvon, le 31/07/2008 à 18h15

    Les familles, et les avocats qui font durer l'affaire, veulent à tout prix croire à une conspiration militaire plutôt qu'accepter l'accident de pêche ou l'erreur de l'équipage. C'est humain et cela change tout vis à vis des assurances. Mais il faut quand même voir que le seul bureau expert professionnel a contredit l'hypothèse du sous-marin et que la Marine a levé le secret défense. Pauvres marins qui risquent souvent leurs vies pour aller sauver les pécheurs blessés. Quant à qualifier d'expertise les déductions d'un obscur officier à la retraite, reconnu par personne, c'est un peu rapide. Mais bon, si cela peut soulager le coeur des familles, pendant que leurs avocats s'enrichissent...

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