© AFPDepuis le déclenchement de l'affaire, Jérôme Kerviel était le seul et unique suspect de falsifications de près de 5 milliards d'euros aux dépens de la Société Générale. Mais jeudi soir, le parquet envisage une autre piste : celui de la complicité entre le trader et son assistant. Le parquet a donc requis la mise en examen de ce trader d'une vingtaine d'années pour "complicité, par aide ou assistance, d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique". Les magistrats ne sont cependant pas tenus de suivre les réquisitions du parquet.
Depuis la fin du mois de mai, le rapport d'enquête interne de la Société Générale relevait des "indices de complicité interne" de la part de cet assistant trader. "Il a saisi lui-même plusieurs transactions fictives utilisées par Jérôme Kerviel pour masquer les positions directionnelles frauduleuses", affirme la banque, soulignant qu'"au total, près de 15% des transactions fictives enregistrées pour Jérôme Kerviel l'ont été par son assistant". Le rapport met également l'accent sur un courrier électronique du 31 décembre 2007 de l'assistant à Jérôme Kerviel, faisant état d'un résultat de 1,4 milliard d'euros dégagé par le trader sur ses opérations. Le calcul de ce montant suppose, selon la banque, que l'assistant "avait connaissance du résultat réalisé" par le trader "sur ses transactions frauduleuses".
"Faire gagner de l'argent à la SoGé"
Lors de ses auditions devant les magistrats, Jérôme Kerviel a expliqué que l'assistant n'avait fait qu'exécuter ses instructions. Le jeune homme, licencié en mai de la banque pour faute simple, a déjà été entendu par les magistrats comme témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. Il a reconnu avoir saisi des opérations fictives demandées pour des raisons techniques par le trader, mais avoir toujours cru à la "réalité économique sous-jacente" de ces opérations. Selon l'entourage du trader, la hiérarchie de Jérôme Kerviel avait également connaissance du montant des transactions non autorisées. La banque ne saurait donc considérer cet assistant comme complice et exonérer les supérieurs du trader.
Depuis la révélation de l'affaire, la banque a tenté de mettre en avant l'existence d'une complicité, de la part d'un courtier puis de cet assistant, estimant que Jérôme Kerviel avait cherché à nuire à la banque. Une version contestée par l'intéressé qui a toujours affirmé avoir seulement voulu "faire gagner de l'argent à la Société Générale". L'existence d'un complice accréditerait la thèse d'une action préméditée et organisée, selon une source proche du dossier. Ce développement intervient au moment où la défense de Jérôme Kerviel semble changer de stratégie avec le départ de l'une de ses avocates, Me Elizabeth Meyer, et l'arrivée de cinq nouveaux conseils, dont Eric Dupond-Moretti.
D'après agence
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