La maison de la famille Bobillier, à Marcq-en-Baroeul © LCIOn ne choisit pas ses voisins. En 2001, les parents de Diane, une fillette polyhandicapée, qui aura 10 ans le 1er août, avaient décidé de transformer leur maison de Marcq-en-Baroeul, dans le Nord, et aménagé deux chambres et une salle de bains dans le garage. Le permis de construire avait alors été validé par la mairie et la direction départementale de l'Equipement (DDE).
Problème : leurs voisins, un couple de retraités, contestent cette extension. Fin 2004, ils obtiennent l'annulation des travaux par le tribunal administratif de Lille. Décision confirmée en appel en 2005. Deux ans plus tard, le 6 décembre 2007, les parents de la petite fille, qui n'ont touché à rien, sont à nouveau assignés devant le tribunal de grande instance de Lille par leurs voisins. L'avocat de ces derniers avait exigé la démolition des aménagements sous peine d'une astreinte de 1.000 euros par jour. Mais devant cette juridiction, les plaignants sont déboutés et condamnés le 31 janvier à 3.000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive.
"On ne comprend pas leurs motivations"
On pensait l'affaire close. Pas du tout. Le couple de retraité vient de faire savoir qu'il faisait appel de leur condamnation. "La construction a été illégalement construite et cela désorganise la vue qu'ils ont, eux, de l'arrière de leur maison : c'est un lotissement, il y a des règles de construction", a fait valoir à l'AFP leur avocat, maître Xavier Dhonte. "L'extension n'est pourtant pas visible de l'extérieur, la seule chose qu'ils avancent toujours pour justifier ça, c'est le droit, rien que le droit et toujours le droit", a estimé pour sa part Denis Bobillier, le père de Diane. "On ne comprend pas leurs motivations, cela fait plus de six ans que cela dure. On se retrouve dans cette spirale et on se demande ce qu'il vont encore inventer", regrette Denis Bobillier. "Aujourd'hui ils nous demandent 15.000 euros de dommages et intérêts et le paiement de leurs frais, c'est sans fin... on est épuisés", ajoute-t-il, déplorant que les voisins aient attendus le dernier moment pour interjeter appel.
Depuis le début de leur combat judiciaire, les Bobillier ont reçu des centaines de lettres de soutien. En mai dernier, ils ont été reçu par la ministre du Logement, Christine Boutin. « Nous allons régler la problématique d'habitabilité des personnes handicapées à travers le projet de loi sur la mobilisation pour le logement. (...) Nous allons faire coïncider la loi et la réalité humaine pour qu'il n'y ait plus dorénavant d'affaires de ce genre », avait alors confié la ministre, selon un article de La Voix du Nord.
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