Marina Petrella, ex des Brigades Rouges © TF1/LCIPour la décrire, il évoque les prisonniers dans les camps nazis. Son corps frêle, son regard creux. Ahmed Merakchi, le compagnon de Marina Petrella est encore secoué de cette vision. L'ancienne militante italienne des Brigades rouges a été transférée mercredi de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris.
Dans l'après-midi, il lui a rendu visite. Il ne l'avait pas vue depuis le 10 avril. "C'est simple, on a l'impression qu'elle a pris au moins 20 ans, raconte-t-il à LCI.fr. Elle n'a pas réussi à se mettre debout, elle se cramponnait au lit." Selon le parquet, ce transfert a été "sollicité par l'intéressée" pour lui permettre de recevoir les soins appropriés à son état de santé. Selon ses médecins, l'ex-brigadiste, 54 ans, est en "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et souffre de "dénutrition". Depuis son arrestation en août 2007, elle a perdu 20% de son poids et pèse aujourd'hui 39 kg.
Sous surveillance pénitentiaire
Le parquet précise que Marina Petrella demeure juridiquement "en détention sous écrou extraditionnel". Ahmed Merakchi parle de deux policiers en uniforme devant la porte de sa chambre d'hôpital, "d'au moins deux-trois" devant l'entrée de l'hôpital.
Marina Petrella a été condamnée en Italie en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour complicité de meurtre d'un commissaire de police à Rome en 1981. Elle avait fui en France au milieu des années 1980, y résidait en règle avec un titre de séjour et possédait un domicile sous sa vraie identité à Argenteuil (Val-d'Oise), où elle vivait avec sa fille de dix ans. Arrêtée en août 2007, elle est visée par un décret d'extradition signé le 3 juin par le gouvernement français. De son lit d'hôpital, elle a lancé à son compagnon : "ils ne renverront que mon cadavre".
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