Petrella : "Ils ne renverront que mon cadavre"

Par , le 23 juillet 2008 à 23h10 , mis à jour le 23 octobre 2009 à 12h03

L'ex-membre des Brigades rouges a été transférée mercredi à l'hôpital Sainte-Anne pour y être soignée. Son compagnon lui a rendu visite.

Marina Petrella, ex des Brigades RougesMarina Petrella, ex des Brigades Rouges © TF1/LCI

Pour la décrire, il évoque les prisonniers dans les camps nazis. Son corps frêle, son regard creux. Ahmed Merakchi, le compagnon de Marina Petrella est encore secoué de cette vision. L'ancienne militante italienne des Brigades rouges a été transférée mercredi de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris.
 
Dans l'après-midi, il lui a rendu visite. Il ne l'avait pas vue depuis le 10 avril. "C'est simple, on a l'impression qu'elle a pris au moins 20 ans, raconte-t-il à LCI.fr. Elle n'a pas réussi à se mettre debout, elle se cramponnait au lit." Selon le parquet, ce transfert a été "sollicité par l'intéressée" pour lui permettre de recevoir les soins appropriés à son état de santé. Selon ses médecins, l'ex-brigadiste, 54 ans, est en "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et souffre de "dénutrition". Depuis son arrestation en août 2007, elle a perdu 20% de son poids et pèse aujourd'hui 39 kg.
 
Sous surveillance pénitentiaire
 
Le parquet précise que Marina Petrella demeure juridiquement "en détention sous écrou extraditionnel". Ahmed Merakchi parle de deux policiers en uniforme devant la porte de sa chambre d'hôpital, "d'au moins deux-trois" devant l'entrée de l'hôpital.
 
Marina Petrella  a été condamnée en Italie en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour complicité de meurtre d'un commissaire de police à Rome en 1981. Elle avait fui en France au milieu des années 1980, y résidait en règle avec un titre de séjour et possédait un domicile sous sa vraie identité à Argenteuil (Val-d'Oise), où elle vivait avec sa fille de dix ans. Arrêtée en août 2007, elle est visée par un décret d'extradition signé le 3 juin par le gouvernement français. De son lit d'hôpital, elle a lancé à son compagnon : "ils ne renverront que mon cadavre".

Par Amélie Gautier le 23 juillet 2008 à 23:10
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Didi, le 12/07/2009 à 18h32

    Ce qu'il faut savoir c'est que cette femme a défendu les droits de nombreuses personnes dans le val d'oise, elle n'avait pas suffisamment pour vivre elle-meme et pourtant, partageait son repas lorsqu'elle le pouvait. Elle travaillait sans compter ses heures pour venir aux personnes démunies dans le cadre de son travail de conseillère sociale.. et je peux vous dire, qu'elle ne ressemblait absolument pas à une femme ayant commis des actes répréhensibles... Elle était pleine de volonté, juste pour aider les autres...

  • AUGER, le 24/07/2008 à 11h24

    Cet article n'est pas honnête car comparer un terroriste qui a tué un flic à un détenu des camps de la mort est scandaleux et révélateur de l'inversion totale des valeurs. l'artilce la désigne comme ex brigadiste ou ex militante des brigades rouges mais pas comme ex terroriste. A l'inverse le gosse paumé qui s'est fait sauter la figure après avoir détruit 9 radars est désigné comme terroriste mais pas Petrella qui a participé à un meurtre.

  • Carc, le 24/07/2008 à 10h48

    Je la comprends. Cette extraction est un scandale. Il ne faut pas oublier que cette femme est venue en france avec les garanties de Mitterrand que si elle abandonnait toute activité politique, la France la laisserait vivre en paix. Elle a tenue sa part de l'engagement. Et on vient maintenant, quasi 30 ans apres l'attentat pour lequel elle a été condamnée et depuis lequel elle n'a pas entrepris d'autres actions, briser cet engagement. Honte à nous.

  • Jeff, le 24/07/2008 à 03h21

    Euh....faut verser une larme ?

  • Ssuffy, le 24/07/2008 à 02h25

    Desole, mais je ne resens pas de compassion pour cette femme. Seulement pour ses victimes.

Lire tous les commentaires

      logAudience