Image d'archives © TF1/LCILe 25 novembre 2007, deux adolescents de Villiers-le-bel trouvaient la mort dans une collision entre leur moto et un véhicule de police. Ce drame avait provoqué plusieurs jours de violences entre jeunes et forces de l'ordre et l'ouverture, trois jours après les faits d'une information judiciaire. L'avocat des familles des deux adolescents, s'appuyant sur les conclusions d'une expertise judiciaire, met aujourd'hui en cause l'attitude des policiers.
Villiers-le-Bel : la justice relance l'enquête
La justice a ordonné mercredi le réexamen de la responsabilité des policiers qui étaient en collision avec une mini-moto, tuant deux jeunes en 2007 à Villiers-le-Bel.
Publié le 07/04/2010
LCI.fr : Quelles sont les conclusions de l'expert judiciaire sur les circonstances de l'accident ?
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| Jean-Pierre Mignard |
Par ailleurs, l'expertise a démontré que les policiers n'étaient pas là dans le cadre d'une patrouille banale mais dans le cadre d'une opération de police judiciaire. L'équipage s'était apparemment mis au service du commissariat central de Sarcelles qui venait d'indiquer un lieu où avait été commise une infraction. Les patrouilles du secteur étaient priées de se rendre sur place pour en rechercher les auteurs. Pourquoi les policiers ont-ils dissimulé ces informations ? Je l'ignore. Ce sera aux magistrats de leur poser la question.
LCI.fr : En revanche, l'expertise conclut bien à un "accident" de la circulation...
J-P. Mignard : Oui, mais c'est une infraction. Et cette infraction présente toutes les conditions d'un homicide involontaire avec la circonstance aggravante d'une omission des obligations de prudence et de sécurité du véhicule puisqu'il n'avait ni gyrophare, ni avertisseur. Il n'y avait donc aucun des éléments qui permettent à un véhicule de sécurité, comme les pompiers ou la police, de pouvoir outrepasser les règles de conduite.
LCI.fr : Vous avez demandé un complément d'expertise, pourquoi ?
J-P. Mignard : Nous souhaitons en savoir plus sur les conditions de visibilité des policiers qui étaient à l'intérieur de la voiture de police au moment du franchissement du carrefour. Nous souhaitons aussi que soient auditionnés un certain nombre de témoins qui se sont fait connaître depuis les faits. Plusieurs souhaitent être entendus sous X. Enfin, nous allons demander au juge d'instruction un transfert sur les lieux pour une reconstitution.
LCI.fr : Dans quel état d'esprit sont les deux familles des adolescents décédés ?
J-P. Mignard : D'abord, les familles considèrent qu'elles ont bien eu raison de demander à ce qu'un juge d'instruction soit désigné puisqu'il y a une vraie différence entre la vérité sortie au cours des trois jours suivant le drame et la vérité sortie de l'information judiciaire. Cette seconde vérité est autrement plus sérieuse, vérifiée et scientifique que la première. Il n'y a aucun esprit de revanche de la part de ces parents. Un accident de la circulation peut survenir à tout le monde. Pourquoi les policiers seraient à l'abri de ce genre de chose ? C'est ce qui rend d'autant plus invraisemblable le fait que l'on ait caché la vérité. Si on avait dit la vérité plus tôt, s'il y avait eu un juge désigné immédiatement, on aurait peut-être pu empêcher ou en tout cas réduire l'importance des émeutes qui ont suivi.
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