José Bové, au premier jour de sa grève de la faim, le 3 janvier 2008 © TF1/LCIHuit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques ont été requis mercredi soir à l'encontre de José Bové. L'ancien candidat à la présidentielle est poursuivi avec 11 autres militants devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour avoir dégradé du maïs transgénique stocké dans un silo à Lugos en Gironde en 2006. "Il est temps pour José Bové de mettre fin à des agissements compulsifs qui résultent d'un oedipe mal négocié", a notamment déclaré le procureur, en allusion au père de José Bové, ancien chercheur en agronomie. Un réquisitoire "scandaleux", a estimé José Bové sur LCI. Six mois avec sursis ont également été requis contre deux militants anti-OGM et quatre mois avec sursis pour les neuf autres opposants aux organismes génétiquement modifiés.
Les faits jugés remontent au 4 novembre 2006. Cent cinquante "faucheurs volontaires" conduits par l'ancien leader de la Confédération paysanne avaient versé un mélange d'eau et de brou de noix dans un silo, rendant impropre à la consommation 2.320 tonnes de maïs transgénique. Cette action avait valu à José Bové de passer une trentaine d'heures en garde à vue. Les prévenus sont poursuivis pour "dégradation volontaire en réunion" et risquent jusqu'à cinq ans de prison. José Bové risque lui dix ans de prison puisqu'il a agi en état de récidive légale. Deux militants sont également poursuivis pour une autre action de fauchage d'OGM menée dans le sud de la Gironde en septembre 2006.
"Je défendais 500.000 euros de récolte"
Le propriétaire du silo, Marc Giblet, partie civile, est quant à lui poursuivi pour "violences avec arme" pour avoir tiré un coup de feu lors de l'action puis percuté avec son véhicule trois voitures garées devant son exploitation. Le procureur de la république de Bordeaux a requis 10 mois de prison avec sursis à son encontre. Il risque jusqu'à dix ans de prison.
A la question de l'un des quatre avocats défendant les militants anti-OGM, "regrettez-vous votre geste ?", Marc Giblet a répondu : "Je défendais 500.000 euros de récolte". Pas davantage de regrets non plus pour avoir embouti trois véhicules. L'agriculteur a affirmé qu'il voulait retenir les manifestants jusqu'à l'arrivée de la gendarmerie. Les militants ont choisi de rester sur le terrain des motivations de leurs actions. "Nous n'avons pas d'autre choix", a déclaré José Bové estimant être face à des "culture illégales" et "clandestines". Les plaidoiries de la défense interviendront jeudi.
(D'après agence)
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