José Bové, au premier jour de sa grève de la faim, le 3 janvier 2008 © TF1/LCILe procès de douze militants anti-OGM, dont José Bové, poursuivis pour avoir dégradé du maïs transgénique stocké dans un silo à Lugos en Gironde, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Ce procès a été renvoyé à deux reprises à la demande des avocats des militants, qui se sont plaints de retards dans la transmission des pièces du dossier.
OGM : un an avec sursis pour Bové mais pas d'inéligibilité
Le député européen Europe-Ecologie a été condamné mercredi en appel à 1 an de prison avec sursis sans inéligibilité, pour une action anti-OGM menée en novembre 2006 en Gironde.
Publié le 25/11/2009
José Bové ira-t-il en prison ?
La cour d'appel de Bordeaux rend mercredi son arrêt dans une affaire d'action anti-OGM menée en 2006 à Lugos par 12 faucheurs, dont le député européen.
Publié le 25/11/2009
Le début de l'audience a été marqué par la demande d'une soixantaine de personnes présentes lors de l'action à être jugés en tant que "comparants volontaires". L'un de leurs avocats, Me François Roux, a évoqué un précédent du tribunal correctionnel de Carcassonne (Aude) qui a accepté le 2 juillet la demande de 25 comparants volontaires dans une affaire concernant l'occupation les locaux du semencier Monsanto par cinq militants écologistes. Le procureur de la République, Jérôme Bourrier, a estimé pour sa part que cette demande "injustifiée" était une façon de "noyer le poisson".
Les faits jugés remontent au 4 novembre 2006. Cent cinquante "faucheurs volontaires" conduits par l'ancien leader de la Confédération paysanne avaient versé un mélange d'eau et de brou de noix dans un silo, rendant impropre à la consommation 2.320 tonnes de maïs transgénique. Cette action avait valu à José Bové de passer une trentaine d'heures en garde à vue. Les prévenus répondent de l'accusation de "dégradation volontaire en réunion". Deux militants sont également poursuivis pour une autre action de fauchage d'OGM menée dans le sud de la Gironde en septembre 2006.
"Je défendais 500.000 euros de récolte"
Le propriétaire du silo, Marc Giblet, partie civile, est quant à lui poursuivi pour "violences avec arme" pour avoir tiré un coup de feu lors de l'action puis percuté avec son véhicule trois voitures garées devant son exploitation. Les militants risquent jusqu'à cinq ans de prison, peine portée à dix ans pour José Bové qui avait agi en état de récidive légale. Marc Giblet risque dix ans de prison. Mais au cours de l'audience chacun semblait camper sur ses positions.
A la question de Me Pierre Hurmic l'un des quatre avocats défendant les militants anti-OGM, "regrettez-vous votre geste?", Marc Giblet a répondu "je défendais 500.000 euros de récolte". Pas davantage de regrets non plus pour avoir embouti trois véhicules. L'agriculteur a affirmé qu'il voulait retenir les manifestants jusqu'à l'arrivée de la gendarmerie. Les militants ont choisi de rester sur le terrain des motivations de leurs actions. "Nous n'avons pas d'autre choix", a déclaré José Bové estimant être face à des "culture illégales" et "clandestines".
Une loi votée en mai après de vifs débats encadre les cultures OGM mais instaure une peine de trois ans de prison pour les personnes détruisant des parcelles ou des semences OGM. Les réquisitions sont attendues dans la soirée. La décision pourrait être mise en délibéré, selon l'un des avocats.
(D'après agence)
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