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Celui qui voulait se faire aimer de Bella

Amélie Gautier par
le 17 septembre 2008 à 05h00
Temps de lecture
3min
Palais de justice de Paris (archives).

Palais de justice de Paris (archives). / Crédits : LCI

Justice Chronique - La 23e Chambre du tribunal correctionnel de Paris vendredi. Dix comparutions immédiates, autant d'histoires. Voici l'une d'entre elles.

Arsen pensait que Bella était sa petite amie alors il la faisait dormir dans son lit. Il voulait lui faire l'amour, elle préférait garder sa virginité. Il voulait l'embrasser, elle se détournait de lui. Il voulait sortir avec elle le soir, elle préférait rester avec sa mère. Là, dans cette unique pièce qu'il partageait tous les trois dans le 18e arrondissement de Paris. Arsen et Bella dans le lit, la belle-mère sur le matelas par terre. Le calvaire de la jeune fille a duré cinq mois. Un jour sa mère a dit "basta". C'était un soir de septembre, alors qu'il traînait sa fille par les cheveux en pleine rue. Elle a mis de côté les craintes de représailles, la peur de se retrouver à la rue. Et d'alerter la police. Ensemble, la mère et la fille ont témoigné des sévices infligés par Arsen.
 
Dans son box, le jeune arménien de 25 ans à la corpulence de maçon ne semble pas réaliser la raison de sa présence devant la justice. La traductrice relaye les mots du président : agressions sexuelles, violences et séjour irrégulier sur le sol français. Les mots semblent sonner le gaillard au marcel blanc. De ses petits yeux noirs très rapprochés, il regarde Bella. Bella, recroquevillée sur le banc des victimes. Bella avec ses ongles rouges, son chignon serré et son visage très fardé. Bella qui ne lèvera son visage que pour acquiescer au récit du magistrat relisant sa déposition. Des "oui" murmurés ponctuant le détail des atteintes sexuelles et physiques subies par la jeune femme de 19 ans en première littéraire dans un lycée de la banlieue parisienne.
 
Qui ne dit mot consent ?
 
Elle est arrivée de Russie avec sa mère il y a trois ans. Réfugiées politiques, elles rencontrent Arsen lors d'un cours de français. Il est gentil, les aide et un jour, leur trouve un appartement. Très vite, il s'y incruste. Et tout aussi vite impose ses habitudes. Lui faire à manger, lui faire le café mais pas seulement. Bella lui fait comprendre qu'elle n'est pas intéressée. Il la violente. La jeune femme se mure dans le silence, "dans notre culture on ne parle pas des choses sexuelles". Selon le récit fait par sa mère, Bella devient "un jouet" pour Arsen. "Mensonge", répond le prévenu. "Elle voulait aussi dormir avec moi sinon ça ne se serait pas passé", explique-t-il via la traductrice. Bella secoue la tête. "J'étais toujours très tendre avec elle", continue-t-il. "Mais le soir de votre interpellation, vous la trainiez par les cheveux", remarque le président du tribunal. "Elle était hystérique", se défend Arsen.
 
"Ce qui est délicat dans ce dossier, c'est qu'on ne sait pas qui dit la vérité", explique son avocat. Et de noter que l'élément déclencheur de tout ça, c'est ce soir où Arsen a fait comprendre à la mère de Bella qu'il fallait qu'elle parte de l'appartement. Et de faussement s'étonner que ce soir là, la belle-mère eut rapidement trouvé le chemin du commissariat alors que la situation durait depuis des mois..." "Tout a commencé avec sa mère", explique à son tour Arsen. Si elle ne dit rien contre moi, imaginez ce que c'est avec sa mère..." Bella, elle, ne veut pas qu'Arsen aille en prison mais juste qu'il comprenne une fois pour toute qu'elle n'est pas sa "petite copine" et ne plus avoir de contacts avec lui. Malgré le voeux de Bella, Arsen ira en prison. Condamné à dix-huit mois d'emprisonnement dont 12 mois avec sursis, il est placé sous mandat de dépôt et se voit interdire le territoire français pour une période de un an. Son avocat et le procureur font appel du jugement.

Commenter cet article

  • Jean-René : Beaucoup d'humanité dans cette triste histoire si bien racontée...

    Le 18/09/2008 à 00h28
  • Yaya : Pourquoi faire appel!? il a profite de la situation c'est tout,qu'il rentre chez lui!.

    Le 17/09/2008 à 17h45
  • Gabriel : Bienvenue dans la France passoire des clandestins et vrais-faux réfugiés politiques (il faudrait informer les fonctionnaires de l'immigration que la russie est une démocratie depuis la fin de la dictature communiste). Tout est bon pour grapiller différentes aides généreusement distribuées par l'état francais à tous ces gens qui n'ont rien à faire ici. Ce n'est pas grave, ce sont les francais qui paient tout cela (aide, frais médicaux, avocats, magistrats etc etc...) Mais chut!!! il faut pas le dire. Mon message sera censuré comme d'habitude

    Le 17/09/2008 à 14h35
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