La justice autorise le livre de Karim Achoui

le 23 septembre 2008 à 12h00 , mis à jour le 23 septembre 2008 à 12h28

En raison d'un vice de forme, la lustice a rejeté une demande d'interdiction de l'ouvrage de l'avocat parisien, qui était poursuivi pour diffamation par un policier.

Karim Achoui, avocat de membres du grand banditismeKarim Achoui, avocat de membres du grand banditisme © TF1/LCI

La justice a donné son feu vert. "L'avocat à abattre" sera bien dès cette semaine sur les étals des libraires. Dans ce livre, son auteur, maître Karim Achoui, cite nommément un commissaire de police judiciaire de Versailles, dont l'indicateur, Rudy Terranova, est le principal suspect dans la tentative de meurtre dont il avait été victime le 22 juin 2007. "Dans les heures qui ont précédé son acte, et dans celles qui l'ont suivi",  affirme notamment Karim Achoui, "Rudy Terranova a rendu compte, au long d'échanges téléphoniques répétés, au commissaire". Le commissaire en question, avait alors saisi la justice pour demander l'interdiction du livre.
  
Décision sur la forme, pas sur le fond

Pour son avocat, Me Laurent-Franck Lienard, Karim Achoui insinue clairement que son client "a ouvertement participé à la tentative d'assassinat  contre lui ou l'a couverte". Des affirmations "mensongères" qu'il juge  "extrêmement diffamatoires". Dans une ordonnance rendue mardi matin, le juge des référés Nicolas Bonnal a noté deux vices de forme. D'abord, l'assignation n'a pas été adressée au ministère public, comme elle aurait dû l'être. Ensuite, le demandeur n'a pas respecté les délais légaux en matière de diffamation. Avant même d'aborder le dossier au fond, il a donc "constaté la nullité de l'assignation". Lors de l'audience, lundi, les avocats de Karim Achoui, Mes Francis Szpiner et Francis Pudlowski, avaient estimé qu'une telle interdiction, si elle était prononcée, serait une "mesure liberticide", "totalement disproportionnée".

Achoui n'en a pas fini avec la justice 

Réagissant devant la presse, Me Achoui s'est réjoui mardi de cette "victoire de la liberté d'expression". Mais il n'en a pas pour autant fini avec la justice. Hier, Michèle Alliot-Marie, qui n'apprécie guère que l'on égratigne l'image de ses policiers, a annoncé qu'elle avait déposé une plainte pour "diffamation envers la police nationale". Cette plainte, déposée en vertu de l'article 48 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, vise une interview de l'intéressé parue dans France Soir le 10 septembre 2008 et dans laquelle il donne déjà le nom du commissaire. Ce dernier bénéficiera de la protection juridique du ministère, précise-t-on dans l'entourage de la ministre.

Par ailleurs, l'avocat a été mis en examen dans la spectaculaire évasion d'Antonio Ferrara de la prison de Fresnes en 2003 et dont le procès s'ouvre le 2 octobre devant la cour d'assises de Paris. L'avocat, qui nie les faits, est poursuivi pour "complicité".

le 23 septembre 2008 à 12:00
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