L'affaire du "Sarko facho" aboutit à une relaxe

le 04 septembre 2008 à 11h46 , mis à jour le 04 septembre 2008 à 12h07

Maria Vuillet, mère d'une lycéenne parisienne, était poursuivie pour avoir outragé un sous-préfet lors de la journée de commémoration du souvenir du résistant Guy Môquet.

moquet chateaubriandLe jeune Guy Môquet a été fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 à Châteaubriand en Loire-Atlantique © TF1/LCI

L'affaire remonte au 22 octobre 2007. Ce jour-là, plusieurs dizaines de lycéens avaient manifesté devant le lycée Carnot du XVIIe arrondissement de Paris pour dénoncer "la récupération politicienne" de la mémoire de Guy Môquet, dont la lettre devait être lue dans les lycées à la demande expresse du président de la République. Une cinquantaine de manifestants avaient ensuite prolongé leur action dans la station de métro Guy Môquet où le sous-préfet Frédéric Lacave devait rendre un hommage officiel aux résistants communistes.
  
Sous les huées, Frédéric Lacave s'était adressé à Maria Vuillet, une femme venue soutenir sa fille lycéenne, et lui avait dit : "Attention, je représente la  République", ce à quoi la mère de famille dit avoir répondu : "Oui, mais pas celle que voulait Guy Môquet". Le sous-préfet a lui une version différente. Selon le représentant de l'Etat, la prévenue lui aurait alors répondu : "Vous représentez l'Etat. Vous  représentez Sarko. Sarko facho. Donc vous êtes facho".
  
Le tribunal correctionnel a décidé, jeudi, d'accorder la relaxe à Maria Vuillet. Ni elle, ni Frédéric Lacave n'étaient présents au délibéré. Ce jugement montre que "la justice n'est pas aux ordres", s'est réjoui l'avocat de la prévenue, Me Thierry Lévy, relevant qu'une telle décision était "inévitable", "les circonstances de l'incident rendant difficile une condamnation".
  
Lors de l'audience du 10 juillet, la fille-même de Maria Vuillet avait reconnu que les mots "Sarko Facho" avaient été prononcés durant les incidents. Rappelant "le brouhaha" et l'ambiance agitée du 22 octobre, l'avocat de M. Lacave, Me Cyril Fergon, reconnaissait jeudi qu'il pouvait y "avoir un doute" sur l'identité des personnes qui avaient prononcé ces mots et "ce doute a bénéficié à Mme Vuillet". A ce stade, l'avocat pense que son client ne fera pas appel. Le parquet avait requis la condamnation de Mme Vuillet à une amende de 1.000 euros.
 

le 04 septembre 2008 à 11:46
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1 Commentaires

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  • Melchior48, le 02/06/2009 à 17h10

    "presque" condamnée pour s'être exprimer ... et si elle n'avait pas eu tort. Un représentant du peuple qui fait "presque" condamné le peuple parce qu'il s'exprime çà vous dis quoi? ça a l' odeur de, ça a la couleur de, mais ca n'est pas du ... "presque" pas. je pense que la justice républicaine a autre chose à faire que de réaffirmer les libertés publiques et constitutionnelles dont fait partie la liberté d'expression, n'en déplaise à certaines "autorités" qui ont en charge de garantir nos droits de citoyens. Toute vérité est bonne a dire ça ne blesse que les égos démesuré et si peu républicain C'est un débat d'idée raz des pâquerettes mais un débat d'idée quand même.on a le débat qu'on mérite.

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