Géraldine Giraud et Katia Lherbier © DRLa PJ de Dijon vient de rendre un rapport de synthèse destiné au juge d'instruction, au bout de quatre ans d'enquête sur les meurtres de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier. Dans ce document de 69 pages, la tante de Géraldine Giraud, Marie-Christine Van Kempen, déjà mise en examen pour complicité d'assassinat, est désignée comme "la probable commanditaire d'une séquestration-punition qui aurait mal tourné".
L'implication de Jean-Pierre Treiber, garde chasse et principal suspect, est quant à elle "formellement établie" dans l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat des deux jeunes femmes en novembre 2004 dans l'Yonne, précise le rapport publié dans le Figaro de vendredi. Mais "celui-ci n'a vraisemblablement pas été seul à l'origine de ces faits", précise le rapport, qui accable la tante de Géraldine Giraud.
Donner une leçon
Selon le document, Marie-Christine Van Kempen avait un fort ressentiment contra sa nièce, ressentiment exacerbé par la récente liaison de cette dernière avec Katia sa colocataire. Mais les enquêteurs doutent que cela l'ai poussée à vouloir leur mort. Les policiers restent prudents sur ses intentions et, selon eux, elle aurait plutôt demandé au garde-chasse Jean-Pierre Treiber de donner une leçon aux deux jeunes femmes. Une punition qui aurait finalement dégénéré. Par ailleurs, le rapport souligne plusieurs points à charge contre Marie-Christine Van Kempen. Tout d'abord, Celle-ci "n'a jamais pu donner de façon précise son emploi du temps les jours précédant la disparition" des victimes. Ensuite, l'appartement de la supposée commanditaire à Sens, a été le lieu de "constatations troublantes" : des traces de chloroforme, un dérivé du gaz ayant servi aux meurtres de Géraldine Giraud et Katia Lherbier, ont notamment été décelées dans sa cave.
Procès en 2009
Toutefois, le rapport reconnaît que l'enquête bute sur un point précis : le lien qui unirait Marie-Christine Van Kempen et le garde-chasse. Seul un fragile témoignage de la gérante d'une brasserie de Fontainebleau vient confirmer que les deux personnages se seraient rencontrés au moins une fois. La gérante raconte également qu'elle aurait alors surpris une conversation embarrassante. Autre interrogation qui reste sans réponse : le lieu des meurtres. En effet, dans le domicile de Jean-Pierre Treiber, "aucune trace biologique des victimes n'a été trouvée, ni aucune trace de chloroforme" affirment les enquêteurs.
A Sens, le magistrat Mickaël Ghir a notifié la clôture de son instruction le 27 août dernier. Après d'éventuelles demandes d'actes, formulées dans les 30 jours par les avocats, le juge se prononcera sur un éventuel renvoi des mis en examen devant la cour d'assises. Le procès de l'affaire Giraud devrait se tenir en 2009.
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