La ministre de la Justice en marge d'un déplacement à Agen © LCIY a-t-il eu crime de lèse majesté sur l'Ile de la Réunion à l'encontre de Rachida Dati, la garde des Sceaux ? Lors d'une audience du tribunal correctionnel de Saint-Pierre, le 15 mai dernier, Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Saint-Pierre-de-la Réunion, Me Georges-André Hoarau, qui défendait un prévenu poursuivi pour avoir perçu indûment des allocations, avait mis en cause les diplômes de Mme Dati.
"La Caf (caisse d'allocations familiales) se met à poursuivre des gens qui produisent des faux pour des allocations. Je ne sais pas si un autre procès aura lieu - je ne le souhaite pas - mais je me demande quelle peine serait requise contre Rachida Dati, notre ministre de la Justice, qui a produit un faux document justifiant un diplôme" avait lancé l'avocat. Le bâtonnier faisait ainsi allusion à une polémique autour d'informations de presse, l'Express ayant affirmé que la ministre avait présenté un dossier pour intégrer l'Ecole nationale de la magistrature mentionnant "l'obtention d'un MBA européen du groupe HEC-ISA". La Chancellerie a depuis démenti, indiquant que Mme Dati n'avait "jamais prétendu être diplômée d'un MBA européen".
"Droit d'expression absolu"
Le procureur de la République de Saint-Pierre, Patrice Cambérou, présent à l'audience, était aussitôt intervenu. "Je ne peux pas laisser dire ça, en pleine audience, contre la ministre de la Justice. La présomption d'innocence vaut pour tout le monde", avait-il rappelé. Une enquête avait été confiée à la brigade de recherches de Saint-Pierre. A l'issue de celle-ci, Me Georges-André Hoarau a reçu en juillet une citation à comparaître pour le 25 septembre devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre afin de répondre de diffamation publique envers la ministre.
"C'est un problème de droits de la défense. La salle d'audience sera noire de robes noires", s'est borné à réagir l'avocat. Me Hoarau a reçu dans un communiqué le soutien de la Conférence des bâtonniers de France et d'outre-mer. "L'avocat dispose d'une indépendance intellectuelle et économique à l'égard des pouvoirs quels qu'ils soient" a déclaré la Conférence des bâtonniers, pour qui la mission de l'avocat "implique, dans les seules limites de la préservation de l'ordre public, un droit d'expression absolu, indépendant de toute soumission". Les poursuites engagées par la ministre sont de nature, selon elle, "à porter atteinte à une liberté à laquelle les avocats n'entendent pas renoncer". La Conférence a annoncé qu'elle participerait à la défense de l'avocat réunionnais en déléguant un représentant au procès.
| Le mail insultant qui coûte cher... |
Le 31 juillet, Damien, jeune informaticien de 24 ans envoie un mail rageur à la mairie du VIIe arrondissement de Paris, dont le maire n'est autre que la Garde des Sceaux Rachida Dati. Il crée pour l'occasion une adresse mail bidon : "rachida-la-grosse-pute@wanadoo.com" Pour tout message, il écrit "Naze, naze, naze, le peuple aura votre peau." Le mail, pas très subtil, arrive directement chez le directeur de cabinet de Rachida Dati. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Sauf que le directeur de cabinet, sans doute échaudé par les propos un tantinet stupides du post-adolescent, décide d'alerter la police une semaine plus tard. Damien n'ayant pas jugé utile de masquer l'origine de son message, les polcicers n'ont aucun mal à remonter sa trace, jusqu'au siège de l'entreprise où il travaille à Suresnes (Hauts-de-Seine). Licencié pour "faute lourde", il doit par ailleurs comparaître en correctionnelle pour outrage à Rachida Dati. Il encourt une peine de six mois de prison et 7500 euros d'amende. Pour toute explication à son geste, Damien affirme qu'il voulait "tester la limite de la liberté d'expression à l'ère du sarkozysme." |
(D'après agence)
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