© TF1-LCIJean-Baptiste Rambla a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre de son ex-employeuse, Corinne Beidl. Soit une peine légèrement inférieure à celle requise par l'avocat général, Roland Mahy : il avait demandé 20 ans. Le verdict, prononcé après environ deux heures de délibéré, a été accueilli dans le calme.
"C'est une peine qui prend en considération des circonstances atténuantes. Je pense que les jurés ont été sensibles au passé sacrifié de mon client", a déclaré à l'issue de l'audience son avocat, Me Jean-Michel Pesenti. "Je pense qu'il va accepter cette peine, compte tenu de la nature du crime". Du côté des parties civiles en revanche, ce procès a laissé un goût d'inachevé. Devant les caméras, le fils de la victime, Adrien, 19 ans, a expliqué qu'il ne se sentait "pas vraiment" soulagé par la peine prononcée, estimant que l'accusé "ne s'est pas assez expliqué : j'entends ses excuses mais ce qu'il a fait est inexcusable. Je ne suis pas animé par la haine, je voulais juste savoir, comprendre".
Un meurtre sur fond de relation amoureuse et de chantage
Rambla était accusé d'avoir étranglé Corinne Beidl pour laquelle il travaillait, un crime découvert plus de sept mois après les faits, lorsque le corps de la victime, en décomposition, avait été retrouvé dans un cabanon de son jardin. Immédiatement arrêté, Jean-Baptiste Rambla avait avoué le meurtre de cette femme, disparue depuis le 20 juillet 2004, qui, avec son compagnon Christian Chalançon, l'avait employé en tant que régisseur adjoint ou serveur dans leur entreprise spécialisée dans la restauration sur les plateaux de tournage.
Selon les éléments recueillis à l'époque par les enquêteurs, Jean-Baptiste Rambla qui avait, selon ses dires, eu une relation amoureuse avec la victime, s'en était pris à elle car elle aurait voulu lui faire du chantage, le menaçant de perdre son emploi à défaut de relations sexuelles. Mais pour la défense de Jean-Baptiste Rambla, son crime ne pouvait s'expliquer sans évoquer un contexte dévastateur qui, depuis des décennies, hante l'accusé.
"Il a joué avec la souffrance des parents de sa victime"
Aujourd'hui âgé de 41 ans, Jean-Baptiste Rambla est en effet le petit frère de Marie-Dolores Rambla, enlevée le 3 juin 1974 à l'âge de 8 ans, alors qu'elle jouait avec d'autres enfants devant leur immeuble à Marseille, et découverte assassinée le lendemain. Le 28 juillet 1976, Christian Ranucci, 22 ans, condamné à mort pour ce meurtre, était exécuté à la prison marseillaise des Baumettes pour ce crime. Mais depuis plus de trente ans, les tenants de l'erreur judiciaire cherchent à faire réviser l'affaire. "Jean-Baptiste avait six ans quand sa soeur a été enlevée et les flous de son témoignage de l'époque ont été utilisés par tous ceux qui voulaient voir réviser le dossier", a expliqué son avocat.
Au cours de son procès, l'accusé a lui aussi évoqué ce passé impossible à assumer : "Je n'ai pas d'avenir depuis l'âge de 6 ans, je suis transparent. Corinne ne méritait pas de mourir, tout ça c'est à cause de moi, mon mal-être, je vais le vivre jusqu'à la fin de mes jours". Me Jean-Michel Pesenti avait pour sa part expliqué en-dehors de la salle d'audience : "Quand on a vécu ce qu'il a vécu, on ne peut pas fonctionner normalement". Des arguments pourtant balayés par l'avocat général lors de ses réquisitions : pour lui, l'accusé avait "joué avec la souffrance des parents de (sa) victime". Et selon le représentant de l'accusation, "rien ne justifiera jamais ce jeu".
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