© AFPLes parents du petit Grégory seront fixés le 3 décembre. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a mis en délibéré son arrêt concernant la réouverture de l'enquête sur la mort du garçon en 1984. La famille souhaite que la justice mandate "un ou plusieurs experts et leur désigne une mission aussi vaste que possible" pour analyser tous les scellés de ce dossier. "Nous avons bon espoir quant à la réouverture prochaine de l'instruction. Les magistrats de Dijon nous ont écoutés avec attention ce matin. Ils ont décidé de prendre le temps de la réflexion", a l'un des avocats des parents.
Le 14 juin 2000, la justice, déjà saisie par les parents, avait une première fois ordonné la réouverture de la procédure, clôturée par des arrêts de non-lieu de la Cour d'appel de Dijon. Le dernier date du 11 avril 2001. La Cour avait alors fait expertiser un demi timbre apposé sur une enveloppe expédiée en 1983 par le "corbeau". "Cela n'avait rien donné. Mais en huit ans la science a fait des progrès", affirme l'avocat de la famille sur la foi du rapport de Pierre Margot, directeur de l'Institut de police scientifique de Lausanne, qu'il a sollicité au printemps 2007. "Aujourd'hui, vu les progrès récents de la science notamment dans le domaine génétique, il est possible de trouver des traces ADN sur ces scellés" constitués en 1984, comme la seringue, les cordelettes, les vêtements, les enveloppes et lettres du corbeau, et le demi-timbre encore apparent.
"Ton fils est mort. Je me suis vengé"
En juillet dernier, le procureur général de la Cour d'appel de Dijon a requis une réouverture de l'instruction, suite à l'avis favorable d'un expert agréé par la Cour de cassation. Toutefois, avait souligné le procureur général, les chances d'obtenir de l'ADN exploitable sont "très aléatoires", tout comme celles d'identifier leur éventuel propriétaire.
Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984 pieds et poings liés dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le lendemain du meurtre, les parents avaient reçu une lettre anonyme : "Ton fils est mort. Je me suis vengé". L'affaire, l'une des plus médiatisées de l'après-guerre, a donné lieu à un véritable feuilleton judiciaire. Un temps suspecté de ce crime - après avoir été mis en cause en novembre 1984 par sa belle-soeur, Muriel Bolle -, Bernard Laroche a été inculpé d'assassinat et écroué, avant d'être remis en liberté en février 1985. Il a été tué par Jean-Marie Villemin peu après. En juillet 1985, c'est au tour de la mère de l'enfant, Christine Villemin, d'être mise en cause. Inculpée de l'assassinat de son fils par le juge Lambert, elle a été écrouée puis remise en liberté sous contrôle judiciaire quelques jours plus tard, bénéficiant d'un non-lieu en février 1993.
D'après agence
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