prison © LCILes syndicats de magistrats fustigent les conditions dans lesquelles des magistrats ont dû s'expliquer dans l'enquête interne diligentée par Rachida Dati après le suicide d'un mineur à la prison de Metz-Queuleu. Deuxième organisation du secteur, le Syndicat de la magistrature avait dénoncé dès vendredi des auditions qui se sont "déroulées sans aucune garantie au regard du droit de la défense et du principe du contradictoire". Lundi, la principale organisation, l'Union syndicale des magistrats, avait écrit à la garde des Sceaux pour dénoncer "une pratique sans précédent d'intimidation, inacceptable dans un Etat démocratique". Et ce mardi, c'est l'Association des jeunes magistrats qui s'est dite à son tour "stupéfaite". Au final, "aucun grief" n'a été officiellement relevé par l'enquête, mais la colère gronde.
L'adolescent, âgé de 16 ans, et condamné à Sarreguemines à six mois de prison ferme pour trafic de drogue et conduite sans permis, avait été retrouvé pendu dans sa cellule le 6 octobre. Cette mort survenait à la suite d'une série de suicides ou de tentatives de suicide dans cette prison présentée jusqu'alors comme un établissement modèle par la ministre de la Justice, pendant que des gardiens de prison, dénonçant le personnel trop peu nombreux dans une prison surpeuplée, évoquaient l'émergence d'un "jeu de la pendaison", moyen de pression déguisé des détenus sur le personnel pénitentiaire.
La Chancellerie se justifie
Le 8 octobre, Rachida Dati ordonnait une enquête des Inspections générales des services judiciaires et pénitentiaires et le soir même, cinq inspecteurs entendaient plusieurs magistrats à la cour d'appel de Metz. Outre le premier président, le procureur général, les procureurs de Metz et Sarreguemines, a ainsi été entendu le substitut qui avait été chargé de mettre à exécution la peine, ainsi que quatre fonctionnaires de l'Administration pénitentiaire et un médecin.
"Ce dernier, qui était en congé, a interrompu ses vacances pour être entendu entre 21h15 et 23h45, hors cadre disciplinaire, sans aucune garantie", selon FO-magistrats, troisième syndicat de la profession. Ces interrogatoires ont porté en outre "sur des décisions de justice rendues conformément à la loi", a souligné de son côté l'Union syndicale des magistrats. Désormais, selon le Syndicat de la magistrature, les organisations du secteur réfléchissent à des modalités d'action communes pour "interpeller les pouvoirs publics".
La Chancellerie, pour sa part, réfute toute remise en cause de la décision d'incarcérer le mineur et défend le principe de l'enquête. "Quoi de plus normal que dans les heures qui suivent un drame, il y ait une inspection qui soit ordonnée. Il est dans l'intérêt de tous les acteurs d'expliquer le déroulement des faits de façon à réduire les risques de suicide", a insisté mardi le porte-parole de Rachida Dati, Guillaume Didier.
D'après agence
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