Bientôt des interphones en cellule

le 29 octobre 2008 à 11h18 , mis à jour le 29 octobre 2008 à 11h25

Ils seront peu à peu installés dans les cellules des prisons pour tenter de prévenir les suicides ou les meurtres de co-détenus, a annoncé mardi Rachida Dati.

prisonprison © LCI

"L'interphonie va être développée et généralisée dans pratiquement tous les établissements pénitentiaires", a assuré mardi la ministre de la Justice devant une formation réunissant la commission des finances et celle des lois de l'Assemblée nationale. Expliquant avoir découvert ce système la veille en inaugurant un bâtiment de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), Rachida Dati a souligné que ce moyen était "extrêmement important pour que le co-détenu puisse appeler en cas de difficulté". Cette mesure s'ajoutera à celles que la ministre a récemment annoncées comme les "rondes spéciales" des surveillants.
  
Estimant que l'Administration pénitentiaire avait "connu pire" en matière de suicides que la vague actuelle, notamment lors du "pic" de 1999, elle a souligné parmi les causes annexes "l'aspect médiatique pas négligeable", ainsi que les procès retentissants, comme celui du tueur en série Michel Fourniret, durant lequel 16 détenus se sont suicidés, "uniquement des délinquants sexuels".

"J'ai beaucoup bossé (...) alors, maintenant ça va!"
  
Rachida Dati a par ailleurs confirmé les objectifs de 13.200 places nouvelles en prison d'ici 2012, année où le nombre de bracelets électroniques atteindra 12.000, contre 3.000 aujourd'hui. Elle a lancé un appel aux régions, quasi-exclusivement contrôlées par la gauche, pour développer la formation professionnelle des détenus. "N'en faisons pas une question politicienne", a-t-elle plaidé, disant qu'une expérience était en cours dans quatre régions pilotes.

Fragilisée par les récentes manifestations des magistrats, la garde des Sceaux s'est montrée très combative face aux élus de gauche. "J'ai beaucoup bossé", a-t-elle lancé. Sous les législatures précédentes, "on a calé sur tout... Nous, on va  jusqu'au bout... Alors, maintenant ça va!", a-t-elle asséné. Quant au courroux des juges sur sa politique "tout sécuritaire", d'autres garde des Sceaux ont essuyé des frondes plus violentes, comme lors de l'adoption de la loi sur la présomption d'innocence en 2000, a-t-elle assuré, sans vouloir  "minimiser les mouvements" actuels.
 

Une tentative d'évasion et 3 tentatives de suicide à Nancy

Un détenu a tenté de s'évader et trois autres ont tenté de se suicider depuis vendredi à la maison d'arrêt Charles III de Nancy. L'homme qui a tenté de s'évader "a essayé de creuser le plafond avec un pied de table pour arriver jusqu'au mur" mais il était "impossible" qu'il parvienne à ses fins, a estimé Eric Gemmerlé, secrétaire général de l'Union fédérale autonome pénitentiaire (UFAP) pour l'Alsace Lorraine, confirmant une information diffusée mardi sur le site internet de l'Est républicain. "C'est un faux événement pour obtenir quelque chose", a estimé le syndicaliste. Les trois tentatives de suicide se sont soldées par autant d'échecs. Une détenue a été conduite à l'unité hospitalière sécurisée de Nancy, alors que deux détenus hommes ont été soignés sur place, selon plusieurs sources. Les détenus de la maison d'arrêt Charles III, établissement vétuste de 275 places situé dans le centre de Nancy, déménageront en 2009 dans une nouvelle enceinte de 690 places construite en périphérie de la ville.

 

le 29 octobre 2008 à 11:18
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience