Clearstream l'emporte dans trois procès contre Denis Robert

le 16 octobre 2008 à 15h35 , mis à jour le 16 octobre 2008 à 15h47

La cour d'appel de Paris a jugé que le journaliste avait bien diffamé la société financière en l'accusant de blanchir de l'argent sale dans ses ouvrages.

TF1/LCI : Le journaliste et écrivain Denis RobertLe journaliste et écrivain Denis Robert © TF1/LCI

Trois procès, trois victoires. Clearstream a remporté jeudi les trois procédures en diffamation contre Denis Robert, la cour d'appel de Paris estimant que le journaliste avait bien diffamé la société financière luxembourgeoise en l'accusant de blanchir de l'argent sale dans deux de ses ouvrages publiés en 2001 et 2002. Dans une première affaire, jugée le 1er octobre 2003, le TGI de Paris avait débouté Clearstream qui avait intenté un procès à Denis Robert pour son livre La boîte noire. Clearstream avait fait appel et la cour d'appel a infirmé cette décision, jugeant que l'ancien journaliste de Libération avait "publiquement diffamé" Clearstream. La cour l'a condamné, ainsi que son éditeur Les Arènes, à verser à Clearstream 1500 euros de dommages et intérêts et 3000 euros de frais de justice.
 
Dans les deux autres dossiers, c'est Denis Robert qui avait fait appel. Le 29 mars 2004, la justice avait en effet donné gain de cause à Clearstream et condamné l'auteur pour Révélations, ainsi que pour un reportage diffusé par Canal+ quelques jours après la publication de l'ouvrage. Jeudi, la cour d'appel a confirmé ces deux décisions, tout en alourdissant les dommages et intérêts de un à 1500 euros. "Un jour, ces condamnations seront comme une Légion d'honneur pour moi", a réagi Denis Robert, rappelant que "lorsqu'on est condamné en diffamation, ça ne veut pas dire qu'on a menti". "Je ne regrette rien", a-t-il déclaré, se disant "très fier" de son  travail, "mais moins de la justice". Il compte former un pourvoi en cassation.
 
Les propos de Denis Robert ont "manqué de prudence"
 
De son côté, l'avocat de Clearstream se réjouissait d'avoir remporté ces procès en appel que la société voyait comme "la mère de toutes les guerres". "On ne peut être que très satisfait de cette triple condamnation des enquêtes de Denis Robert comme n'ayant pas été effectuées de bonne foi et n'étant pas sérieuses", indiquait l'avocat. "C'est la huitième condamnation de Denis Robert en France et je crois que la vérité est aujourd'hui établie", ajoutait-il, saluant "la victoire d'une certaine éthique du journalisme sur la culture du fantasme et de la dénonciation gratuite".
 
A l'audience, l'avocat de Clearstream avait brocardé "l'usine à fantasmes" du journaliste et déploré qu'en sept ans de procédure, il n'ait pas produit "le commencement d'un début d'élément d'enquête sérieuse" sur les imputations de blanchiment. La 11e chambre lui a donné raison, estimant dans son arrêt infirmatif sur La boîte noire que l'auteur "ne disposait pas d'éléments suffisants l'autorisant à énoncer les graves accusations proférées à l'encontre de Clearstream Banking". Ces propos ont "manqué de prudence" et "altéré l'image de Clearstream dont l'activité repose essentiellement sur la confiance que lui accorde sa clientèle d'institutions financières et de professionnels du secteur financier", selon la cour d'appel.
 
D'après agence

le 16 octobre 2008 à 15:35
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