Un des accusés dédouane Achoui au procès Ferrara

le 14 octobre 2008 à 18h37 , mis à jour le 14 octobre 2008 à 19h23

Jugé pour sa participation à l'évasion d'Antonio Ferrara de la prison de Fresnes en 2003, Dominique Battini a innocenté l'avocat Karim Achoui.

Nino Ferrara/DRNino Ferrara © DR

Tout au long de l'instruction, il avait refusé de s'exprimer sur les faits qui lui étaient reprochés. Mais ce mardi, à l'audience, et pour la première fois, Dominique Battini, membre présumé du commando qui a fait évader Antonio Ferrara de la prison de Fresnes en 2003, a reconnu sa participation à l'évasion. Durant cette fameuse nuit du 11 au 12 mars 2003, "mon rôle a été de faire sauter la première porte de la prison", a-t-il déclaré. "C'est là que j'ai été gravement blessé (il a perdu un oeil), ensuite quelqu'un d'autre a repris la relève pour faire la deuxième porte".

  • Le roi de la belle acquitté mais en prison

    Contre l'avis du procureur, les jurés ont acquitté jeudi soir Antonio Ferrara et 8 de ses co-accusés pour l'attaque d'un fourgon blindé à Toulouse en 2001. Mais le roi de l'évasion n'est pas libérable avant 2035.

    Publié le 10/12/2009 Le roi de la belle acquitté mais en prison
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Mais Battini, coaccusé du braqueur Ferrara, actuellement jugé avec un total de vingt complices présumés de sa spectaculaire évasion de 2003, ne s'est pas arrêté là. Il a aussi dédouané l'avocat parisien Karim Achoui, également jugé pour complicité. "Je sais qui a participé, je peux vous dire que Me Achoui n'a rien à voir là-dedans", a-t-il affirmé. "Je dis ça parce que je me suis aperçu jusqu'où la police pouvait aller", a ajouté Dominique Battini sous-entendant que la mise en cause de l'avocat dans cette affaire ne serait étayée par aucune preuve matérielle.

"J'ai aidé un compatriote qui était dans le besoin"

Me Karim Achoui lui-même, qui nie la complicité reprochée, a estimé que sa mise en cause relèverait d'une vengeance des policiers de la Brigade de répression du banditisme, chargés de l'enquête, qui lui auraient ainsi fait payer des années d'activité d'avocat au service des voyous. Ce qu'il a répété mardi à l'audience : "Je tiens à dire avec force que je conteste formellement tout acte de complicité dans l'évasion et dans sa préparation".

Yannick Graziani, autre accusé aux racines corses, a reconnu pour sa part, à la suite de Battini, qu'il avait été mêlé à l'affaire "à partir du 12 mars", lorsqu'il s'est agi de "prendre en charge" dans un appartement de la banlieue parisienne "quelqu'un de très gravement blessé (...) ensanglanté de la tête aux pieds". Sans le nommer, il a parlé de Battini, avec lequel il partage visiblement certaines connaissances. Il a précisé qu'il avait lavé le blessé, lui avait acheté des médicaments, avait "paré au plus pressé", puis l'avait convoyé dans le sud de la France pour le "faire hospitaliser en toute discrétion" via "une relation fiable". Avec ce commentaire : "Je n'arrive pas à regretter ce que j'ai fait. J'ai aidé un compatriote qui était dans le besoin (...) Vous me condamnerez certainement pour ça et je l'accepterai". Après lui, d'autres complices présumés ont nié leur participation, tandis qu'Antonio Ferrara a reconnu partiellement les faits : évasion, oui... mais violence, non.

Cette nouvelle journée du procès Ferrara a par ailleurs été perturbée par un des avocats de la défense, Me Bernard Ripert, qui a fait suspendre l'audience pour pouvoir se rendre chez un juge parisien l'ayant convoqué dans une affaire de dénonciation calomnieuse. L'avocat du barreau de Grenoble, qui s'était fait substituer par une consoeur depuis plusieurs jours pour défendre son client Hamed Illouli, est revenu devant la cour d'assises de Paris mardi après-midi pour obtenir d'être accompagné chez le juge par d'autres avocats de la défense. Expliquant qu'il était convoqué à 14h30 "pour une mise en examen", il avait demandé que les débats soient suspendus "jusqu'à (son) retour espéré dans cette salle", une requête à laquelle la présidente Janine Drai a accédé après avoir entendu les différentes parties. Me Ripert, ancien avocat de militants d'Action directe, avait déjà provoqué trois incidents de procédure le 2 octobre, au premier jour de ce procès.

D'après agence

le 14 octobre 2008 à 18:37
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