Nino Ferrara © DRL'opération n'aura pris qu'un quart d'heure. C'était le 12 mars 2003, à 4h15. Dans un vacarme d'explosifs et de rafales d'armes automatiques, un commando d'une demi-douzaine d'hommes cagoulés prenait d'assaut la maison d'arrêt de Fresnes. Objectif : la cellule 9 où est enfermé Antonio Ferrara. Deux miradors occupés chacun par un surveillant essuient des tirs incessants, pendant qu'une partie des assaillants se faufile dans l'enceinte par un trou béant de 90 cm sur 60 qu'a créé sur la porte arrière une première explosion. Tandis qu'à l'extérieur, des membres du groupe préparent la fuite, et bloquent la circulation en incendiant des voitures, ceux qui progressent dans la prison font sauter une deuxième porte donnant accès au quartier disciplinaire.
Le roi de la belle acquitté mais en prison
Contre l'avis du procureur, les jurés ont acquitté jeudi soir Antonio Ferrara et 8 de ses co-accusés pour l'attaque d'un fourgon blindé à Toulouse en 2001. Mais le roi de l'évasion n'est pas libérable avant 2035.
Publié le 10/12/2009
Antonio Ferrara s'occupe dans le même temps de faire exploser les barreaux de sa cellule pour accéder à la cour. Le commando prend la fuite à bord de trois voitures équipées de gyrophares dont une Audi break transportant à l'arrière le fuyard. Après quatre mois de cavale entre la banlieue parisienne et Saint-Raphaël (Var), le braqueur a été interpellé avec deux complices, le 10 juillet 2003 dans un café du XIIe arrondissement de la capitale.
Deux mois de procès
A compter de jeudi et pour deux mois se tient le procès de cette évasion spectaculaire devant la cour d'assies de Paris qui, pour l'occasion, sera placée sous haute surveillance. Au côté d'Antonio Ferrara, qui à 34 ans est un multirécidiviste du braquage, pas moins d'une vingtaine de complices présumés seront assis sur le banc des prévenus. Pour remonter la filière de ces complicités, les policiers ont procédé par écoutes téléphoniques - partant d'un portable oublié par le fuyard dans sa cellule - et par des recoupements avec d'autres enquêtes en cours en région parisienne où apparaissaient les noms de certains de ses proches.
Un surveillant gradé figure aussi parmi les accusés, soupçonné d'avoir fourni un pain d'explosif à Antonio Ferrara, ainsi qu'un avocat parisien qui le défendait à l'époque, Me Karim Achoui. D'après les enquêteurs, celui-ci aurait donné "le feu vert" à la faveur d'un parloir-prétexte la veille de l'évasion, qui permet de mettre en place un stratagème : à l'issue du parloir, le braqueur refuse la fouille réglementaire ce qui lui vaut d'être envoyé au quartier disciplinaire, dans un secteur moins difficile d'accès depuis l'extérieur de la prison. Mis en examen en novembre 2005, Me Achoui a toujours clamé son innocence. Pour lui sa mise en cause relèverait d'une vengeance des policiers de la BRB (Brigade de répression du banditisme), chargés de l'enquête, qui lui feraient payer des années d'activité d'avocat au service des voyous.
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