Jean-Marc Rouillan, le cofondateur d'Action Directe © DRJean-Marc Rouillan ne regrette pas d'avoir assassiné le patron de Renault Georges Besse le 17 novembre 1986. C'est ce que le cofondateur d'Action Directe, aujourd'hui en semi-liberté, laisse entendre dans une interview accordée à L'Express. Interrogé sur cet assassinat, il répond : "je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".
A 56 ans, il souligne qu'"il faut clarifier les choses : le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus", avant d'ajouter "mais, en tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire". Au sujet de l'intention qu'il a exprimée d'adhérer au Nouveau Parti Anticapitaliste qui doit voir le jour fin janvier 2009 pour prendre la succession de la LCR d'Olivier Besancenot, Jean-Marc Rouillan évoque son besoin de se réapproprier "vingt ans d'histoire de ce pays" en rencontrant "des gens d'origines et d'obédiences extrêmement différentes". "Je peux faire peur à beaucoup de monde... A notre première rencontre, j'ai prévenu Besancenot : 'ma présence peut faire du bordel. Réfléchissez, vous pouvez dire non'... Il m'a dit que c'était réfléchi et qu'ils étaient d'accord".
Un "adhérent encombrant"
Au sujet du nom du futur parti, aujourd'hui en débat, il estime que si le mot "révolution" en était absent "ce serait une démission", vouant cette formation à n'être qu'un "petit parti électoral". Dans ces conditions, "à plus ou moins longue échéance, je serais naturellement éliminé de ce processus", confie-t-il, soulignant : "Pas besoin d'envoyer une lettre de démission".
Mais pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, Jean-Marc Rouillan est pour la LCR un "adhérent encombrant". Sur Europe 1, il a même demandé à Olivier Besancenot de "se débarrasser" de lui. "Ce qui me choque c'est que Jean-Marc Rouillan n'ait aucun élément de regret, de contrition par rapport à ce qui s'est fait, l'assassinat" de l'ancien patron de Renault Georges Besse, a-t-il déclaré.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





