Affaire Rouillan : l'avocat promet un "débat technique"

le 02 octobre 2008 à 21h05 , mis à jour le 03 octobre 2008 à 15h07

Le cofondateur d'Action directe a vu jeudi sa semi-liberté provisoirement suspendue pour avoir laissé entendre dans la presse qu'il ne regrettait pas ses crimes.

Jean-Marc Rouillan Action directeJean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe © TF1-LCI

Olivier Besancenot est l'invité du Blog politique sur LCI vendredi.

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Retour en prison. Au lendemain de la diffusion d'une interview dans laquelle il laisse entendre d'éprouver aucun regret pour ses crimes, Jean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe, a été renvoyé en détention jeudi soir, a annoncé le parquet de Paris. Cette mesure a été prise à titre provisoire par un juge d'application des peines de Paris, dans l'attente d'une audience sur le fond prévue le 16 octobre. Le même juge devra alors dire s'il révoque définitivement, comme le demande le parquet, le régime de semi-liberté dont Jean-Marc Rouillan bénéficie depuis le 17 décembre.

A ce titre, son avocat, Maître Jean-Louis Chalanset, a promis mercredi un "débat technique" devant le juge, car, d'après lui, son client a simplement dit "que s'il était repenti il aurait le droit de parler, ça ne constitue pas une violation" de l'obligation de ne pas évoquer les faits. Selon le défenseur, "le parquet, qui a toujours été opposé à la semi-liberté, s'est saisi de ce prétexte pour que la libération conditionnelle prévue en décembre ne puisse avoir lieu", rappelant que M. Rouillan était susceptible d'être libéré sous conditions après un an de semi-liberté.

 
Jean-Marc Rouillan, a déjà passé plus de 20 ans derrière les barreaux pour complicité des assassinats du P-DG de Renault Georges Besse en 1985 et de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985. Dans un entretien à L'Express (de jeudi), il dit à propos de ces crimes : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".

La LCR "contre la réincarcération" de Rouillan
 
Or, sa semi-liberté était assortie de plusieurs conditions formelles, dont l'interdiction de "toute intervention publique relative aux infractions" pour lesquelles il a été condamné. Après l'annonce du parquet d'une démarche en vue de le renvoyer en prison, mercredi, Jean-Marc Rouillan a critiqué une atteinte à sa liberté de parole. Ancien "ennemi public n°1", arrêté en février 1987 avec trois autres membres d'Action directe, Jean-Marc Rouillan avait été condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de peine de sûreté incompressible.
 
Depuis sa sortie de prison, il travaillait durant la journée comme secrétaire de rédaction chez un éditeur marseillais, qui a publié ses trois livres, et dormait chaque nuit en prison. Il versait 30% de son salaire à un Fonds de garantie pour solder les sanctions et indemnités ordonnées par la justice. L'objet général de l'entretien à L'Express était la décision de Jean-Marc Rouillan d'adhérer au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Jean-Marc Rouillan estimait dans son entretien que malgré cet engagement dans un parti, la lutte armée restait toujours à ses yeux une option. Dans un communiqué mercredi, la LCR s'est prononcée "contre la réincarcération" de Jean-Marc Rouillan mais s'est dite on désaccord avec les déclarations de l'ex-activiste, précisant qu'il avait sa place au NPA uniquement s'il "renonçait à ses actions du passé".

le 02 octobre 2008 à 21:05
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21 Commentaires

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  • CITOYEN, le 03/10/2008 à 11h16

    Tres bien de le remettre en prison d'ou il n'aurais jamais dut sortir.ces victimes elles sont mortes et ne reviendrons pas, c'est un criminel ,un assasin.il n'y a aucune pitié a avoir. bravo la justice, Citoyen st pierre du perray

  • Gilles, le 03/10/2008 à 10h51

    Un fanatique reste un fanatique même aprés des années de prison.Le fanatisme politique ou religieu n'a aucune justification,il n'a qu'un but asservir les populations.

  • Yann, le 03/10/2008 à 10h28

    Pour Eric de thonon, en quoi la democratie est belle dans cette situation ?? Imaginez simplement que vous soyez un peu plus concerné par cette affaire, imaginez que ce soit votre père ou votre fils qui soit la victime de cette homme. L'assassin de votre proche prend perpetuité et sort au bout de 20 ans....et apres, plutot que de se terrer dans un coin et se faire oublier, il donne des interview et annonce clairement qu'il n'a aucun regret et qu'il n'a aucune excuse a VOUS présenter. Dans cette situation , votre seul souhait est de le voir croupir en prison jusqu'a le fin de ses jours en regrettant simplement que la peine de mort soit abolie. De plus , il croit toujours a la lutte armée, ce qui veut dire que demain, il peut recommencer et cette fois s'en prendre a l'un de vos proche. Dans cette situation, vous serez le premier a crier au scandale en demandant pourquoi un assassin qui avait pris perpet' a été remis en liberté..... Il y a des lois et il faut les respecter meme si notre justice n'est pas parfaite, il faut la soutenir. Cet homme devait respecter des conditions pour rester en liberté, il ne l'a pas fait, il n'a qu'a s'en prendre a lui-meme. Fin de mon droit de réponse et bon séjour en prison à rouillan. Merci de me publier pour que Eric de thonon puisse me lire

  • VERITE, le 03/10/2008 à 10h21

    Qui se ressemble s'assemble. Besancenot ne vaut pas mieux que Rouillan. Quant a ce dernier, en prison et qu'on en parle jamais plus.

  • Transiteur, le 03/10/2008 à 08h30

    20 ans de prison c'est quand meme beaucoup. un homicide c'est en tout entre 5 et 10 ans de reel emprisonnement. alors il a plus que donné, laisser le tranquille.

  • Rabino, le 03/10/2008 à 08h27

    Pas de pitie pour ce ou ces meutriers j espere qu il ne feras jamais parti du l c r ou d ailleur j avais l intention d aderer

  • Milan, le 03/10/2008 à 07h43

    Pourquoi ne mentonne-on pas les deux policiers tués avenue Friedlan ?

  • Milan, le 03/10/2008 à 07h43

    Pourquoi ne mentonne-on pas les deux policiers tués avenue Friedlan ?

  • Marcel, le 03/10/2008 à 07h20

    Il n'aurait jamais dû en sortir.

  • Denis, le 03/10/2008 à 00h28

    Rouillan a tué, de façon préméditée et il n'y a donc aucune raison qu'il soit dehors, sa place est en prison jusqu'à la fin de ses jours, aucune rédition ne doit lui être accordée!! Quant à Besancenot on découvre son vrai visage, semaine après semaine, ce type est dangereux

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