Jean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe © TF1-LCIOlivier Besancenot est l'invité du Blog politique sur LCI vendredi.
Des tracts signés Action directe envoyés à 16 commissariats
Seize commissariats et postes de police des Hauts-de-Seine ont reçu depuis vendredi des tracts signés Action Directe, annonçant la réactivation de ce groupuscule armé d'extrême gauche.
Publié le 01/03/2011
Retour en prison. Au lendemain de la diffusion d'une interview dans laquelle il laisse entendre d'éprouver aucun regret pour ses crimes, Jean-Marc Rouillan, ancien militant du groupe armé d'extrême-gauche Action directe, a été renvoyé en détention jeudi soir, a annoncé le parquet de Paris. Cette mesure a été prise à titre provisoire par un juge d'application des peines de Paris, dans l'attente d'une audience sur le fond prévue le 16 octobre. Le même juge devra alors dire s'il révoque définitivement, comme le demande le parquet, le régime de semi-liberté dont Jean-Marc Rouillan bénéficie depuis le 17 décembre.
A ce titre, son avocat, Maître Jean-Louis Chalanset, a promis mercredi un "débat technique" devant le juge, car, d'après lui, son client a simplement dit "que s'il était repenti il aurait le droit de parler, ça ne constitue pas une violation" de l'obligation de ne pas évoquer les faits. Selon le défenseur, "le parquet, qui a toujours été opposé à la semi-liberté, s'est saisi de ce prétexte pour que la libération conditionnelle prévue en décembre ne puisse avoir lieu", rappelant que M. Rouillan était susceptible d'être libéré sous conditions après un an de semi-liberté.
Jean-Marc Rouillan, a déjà passé plus de 20 ans derrière les barreaux pour complicité des assassinats du P-DG de Renault Georges Besse en 1985 et de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985. Dans un entretien à L'Express (de jeudi), il dit à propos de ces crimes : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".
La LCR "contre la réincarcération" de Rouillan
Or, sa semi-liberté était assortie de plusieurs conditions formelles, dont l'interdiction de "toute intervention publique relative aux infractions" pour lesquelles il a été condamné. Après l'annonce du parquet d'une démarche en vue de le renvoyer en prison, mercredi, Jean-Marc Rouillan a critiqué une atteinte à sa liberté de parole. Ancien "ennemi public n°1", arrêté en février 1987 avec trois autres membres d'Action directe, Jean-Marc Rouillan avait été condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de peine de sûreté incompressible.
Depuis sa sortie de prison, il travaillait durant la journée comme secrétaire de rédaction chez un éditeur marseillais, qui a publié ses trois livres, et dormait chaque nuit en prison. Il versait 30% de son salaire à un Fonds de garantie pour solder les sanctions et indemnités ordonnées par la justice. L'objet général de l'entretien à L'Express était la décision de Jean-Marc Rouillan d'adhérer au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Jean-Marc Rouillan estimait dans son entretien que malgré cet engagement dans un parti, la lutte armée restait toujours à ses yeux une option. Dans un communiqué mercredi, la LCR s'est prononcée "contre la réincarcération" de Jean-Marc Rouillan mais s'est dite on désaccord avec les déclarations de l'ex-activiste, précisant qu'il avait sa place au NPA uniquement s'il "renonçait à ses actions du passé".
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Des tracts signés Action directe envoyés à 16 commissariats
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